Coronavirus - Ensemble, ils font l'Hôpital (3/4): Sarah Fournier, cheffe d’orchestre des thérapeutes

L’Hôpital du Valais est une mosaïque de compétences professionnelles. Le Nouvelliste a choisi quatre collaborateurs de quatre secteurs différents pour vous raconter leur quotidien depuis le début de l’épidémie. Zoom sur Sarah Fournier, responsable du secteur médico-thérapeutique.

13 avr. 2020, 12:00
Sarah Fournier a instauré un service de nuit dans son service.

Au cœur de la pandémie, il y a les images qui restent. Celles des patients alités où la machinerie médicale inquiète autant qu’elle rassure. Des situations d’urgence où le temps paraît étrangement suspendu. Pourtant, si l’après semble loin, il s’amorce très vite. Et l’impulsion est signée Sarah Fournier, responsable du secteur médico-thérapeutique des hôpitaux de Sierre, Sion, Martigny, Saint-Amé et Malévoz. 

Sous sa responsabilité, des physiothérapeutes, ergothérapeutes, logopédistes, neuropsychologues, psychomotriciens et diététiciennes assurent le suivi des patients. Ce sont les relais au sein des équipes pluridisciplinaires.

Un suivi sous plusieurs formes

L’accompagnement est donc pluriel, à l’instar des compétences professionnelles complexes. Pendant une hospitalisation aux soins intensifs, les physiothérapeutes vont notamment exercer des techniques de physiothérapie respiratoire avec les patients et faire de la «mobilisation passive» en collaboration avec des ergothérapeutes. 

«Les personnes intubées sont alitées, sous sédation et ne bougent pas». Cette immobilité peut conduire à «des risques d’escarres (ndlr: lésions cutanées), des rétractions articulaires et générer des problèmes respiratoires plus importants», explique Sarah Fournier. En clair, aux soins intensifs, en médecine et en gériatrie, le dynamisme et la mobilité opèrent comme rempart aux complications.

Les logopédistes, eux, interviennent pour corriger les troubles de déglutition qui peuvent survenir après une intubation et les diététiciennes pour minimiser le risque élevé de dénutrition.

C’est difficile, il y a eu beaucoup de changements en très peu de temps, mais chacun s’y habitue à son rythme.
Sarah Fournier, responsable du secteur médico-thérapeutique

Un marathon médical

«On se demande quand ça va s’arrêter». Depuis le début de la pandémie, Sarah Fournier et sa centaine de collaborateurs enchaînent les heures, à l’instar des autres soignants. «Nous essayons de ne pas surcharger les semaines, mais la plupart des employés ont spontanément proposé d’augmenter leur temps de travail», relève la physiothérapeute. Au téléphone, sa voix reste sereine.

«Pour l’instant, ça fonctionne bien, il y a beaucoup de bonne volonté et de générosité de la part du personnel», poursuit la cheffe de secteur qui, pour la première fois, a instauré un service de nuit qui œuvre sept jours sur sept, 24 heures sur 24. «C’est difficile, il y a eu beaucoup de changements en très peu de temps, mais chacun s’y habitue à son rythme».

Cultiver le lien social

Au-delà des taches strictement cliniques, les collaborateurs du secteur médico-thérapeutique entretiennent des contacts privilégiés avec les personnes atteintes du Covid-19. Le virus isole. Eux, réconfortent. «Tous les jours, on répond aux questions, rassurons et discutons avec les patients», sourit Sarah Fournier. «Les réseaux sociaux permettent de maintenir un peu de liens», ajoute-t-elle. Mais la présence humaine, elle, est indispensable. À l’image du travail des soignants.

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