Conseil d'Etat 2013: le PDC du Valais romand hésite entre une liste à 3 ou une liste à 4

Les PDC du Valais romand, lors de son Conseil de parti mercredi soir à Sion, n'est pas parvenu à déterminer sa stratégie en vue de l'élection du Conseil d'Etat en 2013.

18 oct. 2012, 19:03
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Le Conseil de parti du PDC du Valais romand, qui s’est déroulé mercredi soir à Sion, n’a pas figé sa stratégie en vue de l’élection du Conseil d’Etat en mars 2013. Il garde deux options ouvertes: celle d’une liste comportant uniquement les noms des trois conseillers d’Etat sortants, à savoir Jean-Michel Cina, Maurice Tornay et Jacques Melly, et celle d’une liste à quatre, portant aussi le nom d’un candidat du Parti chrétien-social du Haut-Valais, ceux que l’on appelle communément les jaunes.

Délégation dans le Haut

«La réflexion sera poursuivie ces prochaines semaines dans un esprit constructif, afin d’aboutir à une proposition pertinente le 13 novembre devant le Congrès du parti», indique le PDC VR dans un communiqué.

La réflexion va se poursuivre en y associant les Haut-Valaisans. Une délégation comprenant le président du parti Michel Rothen et les élus fédéraux Christophe Darbellay, Jean-René Fournier et Yannick Buttet, qui se sont tous trois exprimés en faveur de la liste à quatre, est chargée d’aller rencontrer les jaunes et les noirs.

«Nous allons leur poser une dernière fois la question pour savoir s’ils peuvent envisager une liste à quatre», explique Michel Rothen, qui résume les enjeux. «La liste à trois comporte des risques. Elle sera vue comme manquant de dynamisme, comme laissant deux places libres. La presse risque de ne parler que d’Oskar Freysinger et de Christian Varone. Mais le Haut voit aussi des dangers dans la liste à quatre qui pourrait diviser les candidats.»Le président du parti ne cache pas son sceptiscisme par rapport à l’option de la liste à quatre. «Le but de cette démarche serait de stimuler l’électorat haut-valaisan et  de s’assurer du vote des jaunes, mais il y a un risque que les Haut-Valaisans ne votent que pour les candidats du Haut et Oskar Freysinger, parce qu’il parle leur langue, en ajoutant, éventuellement, un PDC_du Bas.»

La question vue du Haut

Les délégués du PDC VR auront du travail pour convaincre les Haut-Valaisans. Le PDC du Haut-Valais, les noirs, n’ont pas du tout apprécié l’appel en faveur d’une liste à quatre lancé par Christophe Darbellay et Jean-René Fournier dans les colonnes du «Nouvelliste». Revenant sur le sujet, le «Walliser Bote» d’hier donne le ton en titrant: «Attaque contre le conseiller d’Etat Jean-Michel Cina». «Avec Roberto Schmidt sur la liste, Jean-Michel Cina devrait affronter un concurrent direct», explique le quotidien haut-valaisan, traditionnellement proche des noirs. Pour le journaliste, c’est clairement l’homme du «moratoire Cina» qui est visé.

Jean-Michel Cina pas visé

Jean-René Fournier corrige: «Il n’a jamais été question de présenter Roberto Schmidt contre Jean-Michel Cina. Il n’est pas question pour nous de mettre en péril Jean-Michel Cina, mais, au contraire, de mettre toutes les chances de notre côté. Je comprends que le Haut veut figer la liste, car elle garantit non seulement une élection, mais certainement le meilleur score à son candidat… De notre côté, nous ne voulons pas nous priver d’une partie de notre électorat, nous voulons être le plus fort possible.» L’argument du moratoire fait aussi réagir Christophe Darbellay: «Avec la LAT et l’initiative Weber, le moratoire est largement dépassé.»

Les voix manquantes

Jean-René Fournier rappelle aussi qu’en 2009, donc après la mise en place du moratoire, Jean-Michel Cina n’avait pas été attaqué, bien au contraire. «En 2009, non seulement nous avions soutenu Jean-Michel Cina, mais il était sorti en tête dans le Valais romand. Je suis fier de faire partie du PDC VR qui est un parti loyal, qui l’a été hier et qui le sera demain.»Par contre, le conseiller aux Etats rappelle que dans le Haut, les deux candidats du PDC VR avaient obtenu deux fois moins de voix que Jean-Michel Cina. «Ils leur manquaient 8000 suffrages par rapport au score réalisé par Jean-Jacques Rey-Bellet et moi-même quatre ans auparavant. Le score obtenu par la candidate jaune Graziella Walker-Salzman, qui s’était présentée seule sur une liste, explique cette différence, raison pour laquelle nous souhaitons avoir les jaunes avec nous cette fois. S’il existe une autre méthode pour mobiliser toutes les forces C que la liste à quatre, nous sommes preneurs.»Jean-René Fournier glisse encore: «Et si, avec la liste à quatre, nous obtenions quatre postes, nous ne dirions pas non…»

La délégation du PDC VR se rendra dans le Haut-Valais avant le 30 octobre, date du congrès des jaunes.