Comprendre pour aider son enfant

Les parents d'enfant en situation de dépendance cherchent souvent des réponses auprès des professionnels.

05 juin 2014, 01:00
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«On ne me répond pas quand je demande des nouvelles de mon enfant!» C’est sous ce titre que le Forum Addiction a tenté de donner des pistes aux parents de jeunes qui souffrent de dépendance à la drogue. Hier à Sion, des parents et des professionnels de plusieurs domaines (médical, social, juridique) ont débattu sur des cas cliniques réels, en regard du nouveau droit de protection de l’adulte et de l’enfant entré en vigueur en janvier 2013 (voir encadré).

Que ce soit des problèmes de drogue, de dépendance ou de schizophrénie, les parents se retrouvent souvent démunis et souffrent. Ils souhaitent par tous les moyens aider leur proche. «Quand les parents ignorent encore que leur enfant souffre de dépendance, ils ont besoin que quelqu’un les mette sur la piste. Il faudrait que les médecins, par exemple, leur donnent des indices sans trahir le secret professionnel. Les parents pourraient ainsi découvrir ce qui se passe et qui sait, éviter que la situation se dégrade», note avec espoir Françoise Tubérosa, présidente de l’Association de personnes concernées par les problèmes liés à la drogue (APCD).

Dialogue rompu

Philippe Rey-Bellet, médecin-chef du Département de psychiatrie du centre hospitalier du Valais romand, avoue que le personnel soignant accorde une grande importance à l’entourage. «C’est un partenaire incontournable dans le processus de guérison du patient.» Pourtant, il arrive que le jeune ne souhaite pas les informer. Cela se produit en particulier dans le domaine de la santé mentale. «Dans ce cas, si les parents appellent pour en savoir plus, nous allons leur donner des informations générales, sans trahir le secret médical, pour qu’ils puissent comprendre le contexte.» Si le jeune refuse de partager ces informations, c’est souvent, paradoxalement, qu’il n’a pas réussi à faire un travail pour s’autonomiser et construire sa propre identité. Le dialogue permet le plus souvent de résoudre ces situations. D’ailleurs
au fur et à mesure de l’évolution du patient, les professionnels vont à nouveau discuter avec le jeune pour savoir s’il souhaite à présent intégrer ses proches.

Parents épuisés

Pour les parents, ces situations sont très difficiles à vivre. «Lorsque les familles arrivent dans une institution, elles ont déjà un vécu très difficile derrière elles. Les proches sont très affectés et en souffrance. Ils se sont beaucoup investis et ça les énerve de ne pas pouvoir avoir d’informations. A ce moment-là, la communication peut être difficile car ils sont épuisés et ont rencontré_tous les ennuis du monde», explique Philippe Rey-Bellet.

Quelle que soit la situation, les parents ou les proches ne doivent donc pas attendre. Ils peuvent demander des informations à l’équipe médicale ou à la direction de l’établissement. Les parents peuvent également trouver du soutien auprès d’associations, comme l’Association de personnes concernées par les problèmes liés à la drogue, l’APCD, ou Synaps’espoir pour les personnes souffrant de schizophrénie. «Les parents ne seront pas jugés. Et surtout, ils pourront écouter et partager leur vécu avec d’autres parents qui sont passés par là également», explique Françoise Tubérosa. Des réunions confidentielles se tiennent régulièrement. «Nous avons aussi organisé des cours avec Rosette Poletti pour aider les parents à ne pas culpabiliser car la société considère souvent que les parents  sont responsables si un jeune se drogue. C’est bien plus complexe que cela», explique Françoise Tubérosa en espérant qu’un jour, le regard des gens soit plus empathique envers ces parents qui vivent des situations difficiles.