Comme un goût de vacances en ville de Sion

Grenadier, olivier, kaki s'épanouissent dans la capitale valaisanne. Un air de voyage du plus bel effet après la froidure et avant la pause estivale.

15 juin 2013, 08:12
data_art_1642064.jpg

Certains badauds déambulant au coeur de la capitale du canton pensent parfois avoir la berlue en observant la végétation. Pourtant ils ne rêvent pas, des espèces végétales aux consonances fleurant le Sud produisent régulièrement des fruits à Sion. Toutefois, ceux-ci n'ont pas la même saveur que dans leurs pays d'origine en raison bien sûr de la localisation. La découverte commence à la tour des Sorciers où un olivier prend ses aises. "Ses olives sont toutefois trop petites pour être consommables" , relève Dick Morgan. "La chaleur n'est pas assez intense" , poursuit le jardinier de la commune. "Il est sensible au gel - il ne supportera que difficilement des -10 degrés prolongés - et aussi aux variations de températures" , note-t-il. Si on ne peut résister à l'olivier, il faut veiller à bien le couvrir en hiver ou l'acheter en pot pour pouvoir le rentrer dans une véranda en hiver et non une cave en raison de son besoin de lumière. Plus étonnant encore, le grenadier qui porte des grenades après une floraison rouge vermillon en juin. Il y a plusieurs années, le Service des parcs et jardins en a planté dans le rond-point à proximité du service auto. "Nous l'avons aussi choisi parce qu'il produit un feuillage rougeâtre du plus bel effet en automne" , poursuit Dick Morgan. "Cette plante s'est très bien adaptée, elle présente une résistance au froid étonnante mais elle est davantage conseillée dans un endroit protégé et ensoleillé, voire dans une cour d'immeuble" ajoute le spécialiste. "Mais c'est une plante exceptionnelle et il faut qu'elle le reste" , souligne-t-il.

Un kaki au centre

Originaire de Chine et fruit national du Japon et de la Corée, le kaki s'épanouit au coeur de la cité. En effet, les observateurs ont déjà repéré cette espèce aux feuilles simples, larges, ovales et alternes au jardin public de la Planta. Ils se servent aussi. "Le public cueille ses fruits même avant leur maturité en automne" , commente Dick Morgan. Un autre fruitier, plus répandu, est apprécié du public. Il s'agit du kiwi qui croît à la place du Scex. "Il a une très bonne résistance au froid, l'une des plus grandes cultures de Suisse se trouve d'ailleurs dans le canton de Vaud" , témoigne Dick Morgan. Les figuiers sont plus communs. Ils fleurissent deux fois par année et les bonnes années, comme en 2003, ils donnent deux récoltes. Sur le coteau, un particulier peut en ramasser des kilos chaque année. "C'est vrai, mais nous l'évitons dans les lieux publics car les fruits tombent et certains s'en plaignent" , continue-t-il.

Essais en serre

Le Service des parcs et jardins teste de nouvelles espèces dans ses serres de l'ouest. A l'heure actuelle, un eucalyptus de Dubaï, donné par un particulier, est observé de très près. Plus exotique, un pistachier qui se plaît particulièrement dans le sud de la France est étudié également. Tout comme d'ailleurs la seule espèce de plante produisant du caoutchouc dans l'hémisphère nord, à savoir l'Eucomia ulmoides, plantée au square des Casernes. Par contre, la cité ne sera jamais égayée par des oranges ou des citrons parce qu'ils ne peuvent pousser, sous nos latitudes, hors de contenants qu'on peut hiverner.

 

DES AGRUMES DANS SON JARDIN

 

Une famille résidant sur le coteau valaisan a acheté quelques agrumes en pots pour ensoleiller ses étés. "Ici, les mandarines poussent même mieux que les tomates", s'amuse le papa. La maman a notamment acquis un mandarinier il y a quelques années dans une jardinerie. "Actuellement, je le trouve un peu pâle, il ne va pas donner de fruits contrairement à l'an dernier", note celle qui lui fait passer l'hiver à l'abri, dans un cagibi. Le limettier tout comme le citronnier se portent par contre comme des charmes. Un autre particulier a planté des plants de melon au nord de la ville. "J'en ai récolté vingt, ils étaient excellents, cet été j'espère avoir des pastèques", dit-il.

Du côté du Point Vert, on signale que la demande pour les agrumes est plutôt stable. Christine Blatter-Udry témoigne que, depuis quatre ans, une forte demande pour l'olivier est constatée. Même si l'arbre est plutôt délicat et qu'il déteste les froidures. Certains Valaisans du centre récoltent aussi des baies de goji, venues d'Asie, en raison des vertus médicinales qu'on leur prête. Christine Blatter-Udry note qu'une demande avait été enregistrée il y a deux ans lorsqu'un producteur de plantes suisses en a fait la publicité. "Il y a eu un effet mode qui s'est calmé", continue la professionnelle.