Brésil 2014: Lianel Gay, fan absolu de la Suisse, s'est envolé pour le Brésil

En général, un supporter est d'abord fan de son club: le FC Sion, Neuchâtel Xamax, le Lausanne-Sports. Mais Lianel Gay, un Valaisan de 31 ans, ne jure que par l'équipe suisse. Ça lui a pris en 2002 et depuis, il a suivi plus de 80 matchs internationaux, deux Euros et deux Coupes du monde.

13 juin 2014, 17:30
Lianel Gay, avec son billet, son guide touristique, son t-shirt souvenir retraçant ses périples et un cocktail brésilien concocté par son barman préféré.

La Nati, il vous en parlerai pendant des heures. Les résultats, les détails, le minutage de chaque match, il les a dans la tête. Quand on cherche des fans de l'équipe suisse en Romandie, difficile, voire impossible de ne pas tomber sur lui. Il faut dire qu'autant dénicher un supporter du FC Sion, du Lausanne-Sports ou de Neuchâtel Xamax, c'est relativement facile, mais lorsqu'il s'agit de contacter des vrais fans fidèles, assidus, de l'équipe suisse de football, c'est un peu plus compliqué. Mais Lianel Gay, un Valaisan de 31 ans de Martigny, affiche ses couleurs haut et fort. "Je suis allé voir quelques matchs du FC Sion quand j'étais gamin, j'ai joué au foot aussi jusqu'en juniors A, mais je n'ai jamais vraiment été mordu."

12 ans de fidélité

Ça, c'était vrai jusqu'en 2002. Le 8 septembre 2002, il assiste à son premier match international. Un Suisse-Géorgie. Et là, il a vraiment "mordu". "En matchs internationaux, il y a une ambiance différente: pas de violence, pas de hooligan, des cultures différentes..." Le premier déplacement, en Irlande, s'enchaîne, avec quelques potes. "J'ai essayé de les convaincre de me suivre dans mon "délire", mais il n'y en a pas beaucoup qui ont suivi."

Lianel, lui, ne lâchera plus. En 12 ans, il a assisté à plus de 80 matchs de la Nati. "C'est plus que n'importe lequel des sélectionneurs qu'on a eus jusqu'à aujourd'hui." Il a vécu 2 Euros, au Portugal et à domicile, en 2008, et deux Coupes du monde, en Allemagne en 2006 et en Afrique du Sud en 2010. "Je suis toujours parti avec des amis. Après quelques matchs, il y a une sorte de noyau dur qui s'est créé. Des plus fans que d'autres.

Une passion qui lui a notamment valu le titre de "Meilleur supporter de l'équipe suisse" lors d'un récent concours organisé sur Facebook par une grande banque suisse. "C'est surtout parce que les potes se sont mobilisés pour voter pour moi", admet Lianel. Mais sa photo, avec la Coupe du monde - "c'est une réplique photographiée en Afrique du Sud" - a cartonné.

Il a ainsi remporté un séjour pour un match des qualification pour l'Euro 2016, avec un vol en compagnie des joueurs de la Nati.

Pour Lianel, l'équipe de Suisse, c'est du sérieux. "Si on me demandait de choisir entre mon mariage et un match, je n'hésiterais pas. Un mariage, ça se déplace", plaisante ce courtier en crédit indépendant.

Ce vendredi, il s'est envolé pour pour le Brésil. Ses amis et sa famille lui ont offert le billet d'avion pour ses 30 ans. Pour le reste, il s'est débrouillé. Avec l'expérience, Lianel est devenu une vraie petite agence de voyage. C'est moins contraignant et c'est surtout moins cher. Tout compris, pour cette Coupe du monde, il devrait s'en tirer à 6 ou 7'000 francs pour 3 semaines, vols internes compris. Il organise désormais les achats de billets, les trajets ou les logements pour les amis qui le rejoignent dans sa passion. Mais au Brésil, il sera seul. "Il y a une petite appréhension, oui, mais j'ai déjà pas mal de contacts sur place, des gens que je connais et que je dois rejoindre dans les villes que je vais visiter."

Quoi qu'il arrive, Lianel restera au moins trois semaines. Si la Suisse va en finale, il y sera aussi. "Je suis membre "bronze" de l'ASF, j'ai donc la priorité pour l'achat de billets. Là, à l'avance, j'ai tout jusqu'en finale."

Système D

Une passion coûteuse? "Si on se débrouille bien, ça va. Quand on est allé en Slovénie, on a pris un minibus, c'est 8 heures de route, ça nous a coûté 50 balles. Sur place, si on n'est pas trop regardant pour le logement, on s'en sort bien. Mais en tout, je pense que si j'avais économisé cet argent, j'aurais les fonds propres pour m'acheter une maison...Enfin, j'aime beaucoup voyager, donc, j'aurais de toute façon dépensé." Il possède aussi une dizaine de maillots. "J'achète tous ceux qui sortent, mais j'en donne pas mal, parce que je ne supporte pas de voir un supporter sans maillot."

Côtés pronos, le fan voit la Nati en quarts, le garçon raisonnable en huitièmes. Et enfin, s'il ne devait retenir qu'un seul joueur sur les 12 années qu'il a passées à suivre de près la sélection, il citerait évidemment... Alex Frei. "Je n'ai jamais compris qu'on ait osé le siffler."

Si Lianel Gay trouve de bonnes connexions internet, il nous enverra régulièrement des nouvelles du Brésil. Et si vous aussi, vous avez fait le grand saut ou si vous connaissez un Romand qui est de l'autre côté de l'Atlantique durant ce mois, n'hésitez pas à nous le signaler.