Aider les ados à se sentir bien

Les jeunes sont parfois complexés, insatisfaits de leur corps. Les professeurs de la branche peuvent jouer un rôle pour les rassurer.

03 mars 2016, 00:02
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Les garçons aimeraient souvent avoir plus de muscles et les filles être plus minces. Dans notre société, les jeunes se mettent parfois la pression pour correspondre à ces idéaux de beauté. De quoi générer des complexes, des insatisfactions ou une préoccupation excessive à l’égard de son image corporelle chez certains jeunes. Dans ce contexte, les professeurs d’éducation physique ont un rôle à jouer. «Ils ont une certaine proximité avec les élèves. Le corps et le bien-être sont au centre de leur enseignement. D’ailleurs, les élèves les interpellent souvent au sujet du corps», explique Catherine Moulin Roh, responsable du Centre alimentation et mouvement. «Les professeurs d’éducation physique doivent avoir les bonnes clés pour comprendre les jeunes et les accompagner. C’est d’autant plus important pour les élèves les plus vulnérables», souligne Nathalie Nanchen, chargée d’enseignement éducation physique à la Haute école pédagogique Valais, la HEP-VS.

Pour leur transmettre ces clés, une journée a été organisée hier à Sion par Promotion santé Valais et l’Association valaisanne des maîtres d’éducation physique, l’AVMEP. Intitulée «Dans la peau d’un ado, différencier pour mieux intégrer en éducation physique», la formation a apporté des pistes aux professeurs pour qu’ils puissent aider les jeunes à construire une image positive d’eux-mêmes et les encourager à adopter un mode de vie sain et actif.

Des habitudes qu’ils pourront garder tout au long de leur vie.

Image corporelle positive

Qu’entend-on par «image corporelle positive»? En clair, c’est avoir une perception réaliste et positive de son apparence et de son poids. La personne voit son corps tel qu’il est dans le moment présent. Avec une image d’elle-même positive, elle va plus facilement adopter un mode de vie sain. Elle aura envie de prendre soin de son corps. Le professeur doit donc adopter une attitude positive et éviter de stigmatiser ses élèves. «C’est important que le professeur prenne conscience que certains jeunes ne se sentent pas bien dans leur peau. L’insécurité que vivent certains jeunes face à leur image corporelle peut diminuer leur plaisir de pratiquer une activité physique», relève Catherine Moulin Roh. Du côté des élèves, ils ont des attentes précises envers le professeur. «Pour qu’ils aient du plaisir à faire des activités physiques, ils souhaitent avoir un professeur qui leur donne des pistes pour progresser selon leur niveau. Ils veulent trouver de la compréhension, de la tolérance et de l’écoute. Ils lui demandent d’encourager tout le monde et de ne pas s’occuper uniquement des plus forts», souligne Nathalie Nanchen.

Des besoins particuliers

La relation entre le professeur et les élèves est différente en salle de gym. «Nous sommes beaucoup plus proches des élèves. Nous pouvons faire pas mal d’observations. Nous voyons rapidement l’élève qui se sent mal dans sa peau, celui qui ne s’intègre pas au groupe, le mauvais perdant… Nous repérons également ceux qui ont des difficultés ou des problèmes comme l’anorexie», note Cédric Fauchère, professeur d’éducation physique à Monthey et président de l’AVMEP.

Les professeurs voient donc rapidement les difficultés rencontrées par certains élèves. Ils doivent aussi trouver la manière adaptée d’y répondre. «Si j’ai un élève en surpoids, je vais faire en sorte d’adapter le programme à ses compétences. Comme la course à pied est difficile pour lui, je vais lui proposer de faire une pause au milieu du parcours. La fois suivante, il devra essayer de faire le trajet d’une traite, par exemple», continue Cédric Fauchère. Le professeur doit comprendre la situation de l’enfant. Ensuite, il doit voir comment l’intégrer au groupe et à l’activité tout en tenant compte de son niveau et en le valorisant. «C’est important pour les professeurs de connaître les messages de prévention de la santé et d’avoir quelques connaissances autour de l’alimentation. Ils peuvent ainsi donner de bonnes informations aux élèves ou alors les orienter vers les bons professionnels», termine Catherine Moulin Roh.