Réservé aux abonnés

1 semaine, 1 ville: découvrez Sierre autrement

Sa ville, on la connaît, mais parfois on oublie d’en voir les richesses. On vous convie à une balade dans plusieurs quartiers pour (re)découvrir les secrets de certains édifices et ouvrir certaines portes.
13 déc. 2021, 16:18 / Màj. le 15 déc. 2021 à 12:00
Partez à la découverte de quelques lieux.


 


Cet article est publié dans le cadre de notre dossier 1 semaine, 1 ville dédié à Sierre.

Retrouvez tous les grands projets, les chiffres-clés, les portraits et les micros-trottoirs.


Se promener à Sierre réserve de jolies surprises. Les amoureux d’histoire peuvent déjà contempler les châteaux de la cité. Mais ils peuvent aussi apprécier d’autres lieux qui ont tous un passé passionnant. Ils ont la possibilité d’en apprendre davantage sur la transhumance des habitants du val d’Anniviers.

Les visiteurs curieux sont également invités à emprunter un chemin escarpé qui mène à la chapelle de Saint-Antoine. Ou à s’intituler poètes d’un jour en contemplant un arbre emblématique qui existait 40 millions d’années avant l’apparition des dinosaures. Ils ont l’occasion de terminer leur balade chez un jeune chef qui œuvre dans une partie de l’ancien foyer Alusuisse construit entre 1914 et 1919 et restauré il y a quelques années. Là, des mousses très particulières, mais goûteuses, prouvent que l’innovation concerne tous les secteurs.

La vie de château en location

Au numéro 24 de la rue du Bourg, il est possible d’habiter. © Sabine Papilloud

Le château des Vidomnes se remarque dans le paysage sierrois par sa surélévation de la fin du XVe ou début du XVIe siècle marquée de quatre échauguettes d’angle. Cet aménagement caractéristique, souvent plus symbolique que défensif, était très répandu au Moyen Age, mais il est très rarement conservé de nos jours. Dans ce bel édifice restauré par la bourgeoisie de Sierre, qui en est propriétaire, un appartement est à louer actuellement. Parquets, poutres, hauts plafonds, tout y est pour se sentir un peu comme un prince à la rue du Bourg. Rosinski, père de «Thorgal», a d’ailleurs résidé à cette adresse.


Une petite bière au panettone ou à l’Ovomaltine?

Ses recettes peuvent être dégustées dans le restaurant de cet édifice historique. © Sabine Papilloud

Dans le restaurant du Foyer à Sous-Géronde, le patron régale les papilles à table. Mais il aime aussi proposer des mousses «qui peuvent très bien accompagner des mets». Julien Brändli ne manque pas d’imagination. Dans sa microbrasserie, il concocte des bières avec des produits de saison et change fréquemment sa collection. «Je brasse 200 à 400 litres d’une recette seulement, puis j’en conçois une autre.» Il a osé l’union framboise et poivrons grillés au feu de bois. Aujourd’hui, il propose une mousse au panettone, une autre à l’Ovomaltine et a prévu un mélange au bacon vieilli en barrique de bourbon. A quand une recette au vin?


Un bond dans le temps à la Maison du remuage

Au deuxième étage, Louis-Fred Tonossi explique la transhumance d’habitants du val d’Anniviers. © Sabine Papilloud

Cette demeure de Tservetta est si jolie qu’elle mériterait de figurer dans un livre de belles histoires. Lorsqu’on accède au premier étage de 1726 ou au deuxième de 1837, le temps se fige. Nous voilà dans le foyer temporaire de deux familles qui à l’époque pratiquaient la transhumance.

De nombreux objets et meubles d’époque racontent leur quotidien. Guide du patrimoine, Louis-Fred Tonossi en sait long sur la question. Il ouvre par exemple un «carnet du lait». «A l’époque, les habitants ne payaient leurs courses à l’épicerie que lorsqu’ils vendaient par exemple la vendange.» Une découverte à l’heure des paiements électroniques.

Le ginkgo cher aux poètes

 Cet arbre est aussi appelé arbre aux 40 écus. © Sabine Papilloud

A côté de l’église Notre-Dame-des-Marais se dresse un ginkgo biloba, le plus vieil arbre connu sur la Terre. On le reconnaît à ses bourgeons caractéristiques dominant sur les branches. Ses belles feuilles particulières, dorées en automne, ont inspiré Goethe qui a même écrit un poème: «Est-ce un seul être vivant qui en lui-même se sépare? Est-ce deux êtres, qui si bien se cherchent qu’on les croit ne faire qu’un?»

Eric Masserey, responsable parcs et jardins de la Ville de Sierre, relève le côté «très graphique» de son feuillage. Rilke appréciait aussi cet arbre. D’ailleurs, il en a reçu un qui a été planté au château de Muzot pour son 50e anniversaire en 1925. 

Du mobilier impérial chinois au château Mercier

René-Pierre Antille dévoile ces merveilles de l’Asie. © Sabine Papilloud

Dans un château, le visiteur s’attend à trouver des trésors. Sur la colline de Pradegg, ce n’est pas de l’or, mais des témoins précieux d’un palais impérial chinois. Le salon de billard au deuxième étage abrite en effet une grande armoire en bois zitan ou santal rouge avec la représentation du dragon impérial à cinq griffes surgi des flots. Elle remonte très vraisemblablement au règne de Chien-Lung au XVIIIe siècle. Comme l’explique René-Pierre Antille, administrateur de la fondation du château Mercier, deux fauteuils ont aussi été achetés à un collectionneur genevois en 1918 par Jean-Jacques Mercier-de Molin.

Sur le chemin de croix de la chapelle de Saint-Antoine

Jean-Pierre Seewer (à gauche) et Paul-Alain Beysard allument des bougies à la première station. © Sabine Papilloud 

Des bénévoles empruntent plusieurs fois par année le chemin de croix qui conduit à la chapelle de Saint-Antoine. Jean-Pierre Seewer et Paul-Alain Beysard se chargent notamment de l’entretien du petit édifice religieux et récoltent des fonds, notamment grâce à une tirelire placée dans un commerce sierrois. A Noël, une montée particulière est organisée. En début d’après-midi, des Valaisans se mettent en route, placent trois bougies à chacune des quatorze stations. Quand la nuit tombe, on peut voir briller ces lumières depuis bon nombre de maisonnées de la Cité du Soleil. «C’est une rencontre ouverte à tous, nous avons même eu des Allemands et des Chinois qui nous ont accompagnés.»

A la mémoire des soldats

Les premiers internés français sont arrivés à Sierre il y a cent cinq ans. © Sabine Papilloud

Ils s’appelaient Claudius Aubert, Paul Bellier, Auguste Chauvet, Jules Fleuriet. Ils étaient jeunes lorsque la mort les a emportés. Leur mémoire, comme celle de 111 autres internés français et belges qui espéraient se refaire une santé dans la région, est honorée grâce à un monument situé dans le cimetière de Sierre. Etienne Barrault, ancien consul honoraire de France en Valais, explique qu’il a levé des fonds il y a quelques années pour graver dans le marbre le nom de ces soldats qui n’étaient plus visibles. «En collaboration avec la commune de Sierre, que nous remercions, nous prenons soin de ce monument, il fait partie de l’histoire commune de nos deux pays.»