Pour quelques francs de plus

08 mars 2012, 00:01
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La régulation médicale, c'est d'abord une centrale d'appels pour des conseils médicaux d'urgences d'un genre unique en Suisse. Mise en place en 2007 par le Service cantonal de la santé publique, la Société médicale du Valais et l'Organisation cantonale valaisanne des secours (OCVS), la régulation médicale assure l'accès à des conseils médicaux à la population valaisanne ainsi qu'aux touristes qui séjournent en Valais et soulage les médecins de garde. Plus de 80% de ses coûts sont financés par le canton du Valais.

Le Dr Marc-Henri Gauchat, président de la Société médicale du Valais, explique comment fonctionne cette centrale d'appels.

"La régulation médicale, c'est un numéro de téléphone, le 0900 144 033, à composer si l'on a besoin d'un conseil médical le soir ou le week-end, quand les cabinets médicaux sont fermés. Au bout du fil, ce sont des médecins expérimentés qui conseillent efficacement et orientent les patients vers des soins appropriés.

Quand faire appel à la régulation médicale?

Les médecins régulateurs assurent une permanence téléphonique la semaine de 19 heures à 7 heures le matin et 24 heures sur 24 les week-ends et jours fériés. Ils traitent tous les cas de médecine générale qui ne concernent pas une urgence vitale. Il peut s'agir de fièvre, de maux de tête, de gorge ou de ventre, de toux, de bronchite, de douleurs rhumatismales, d'anxiété, de questions sur la prise de médicaments, etc.

En quoi ce système est-il différent des centrales d'appels mises en place par les assureurs comme Medgate ou Medi24?

A la régulation médicale, il n'y a pas d'intermédiaires, ce sont directement des médecins de la région qui répondent aux appels.

Ils connaissent donc très bien le terrain et le dispositif de soins régional. Ils travaillent en étroite collaboration avec la centrale d'urgences 144.

La régulation médicale a donc une fonction de tri?

Le médecin régulateur conseille la personne qui appelle et l'oriente vers des soins appropriés si nécessaire.

Dans près de 55% des cas, les conseils médicaux prodigués par téléphone suffisent. Lorsque la situation l'exige, le médecin régulateur contacte le médecin de garde qui organise soit une visite à domicile soit une consultation dans son cabinet ou l'envoi à un service d'urgences hospitalières.

Dans les situations les plus extrêmes, le médecin répondant en réfère aux centralistes du 144 qui occupent les locaux d'à côté.

Ces derniers se chargent alors d'organiser un service d'ambulance voire un hélicoptère, selon les circonstances et le degré d'urgence.

Combien de personnes composent le 0900 144 033 chaque année?

E n 2011, près de 7000 personnes se sont adressées à la régulation médicale.

Cela représente une moyenne de 19 appels par jour.

Le mois de décembre a été le plus chargé avec plus de 990 appels.

La population est-elle satisfaite de ce service?

Les personnes qui s'adressent à un médecin régulateur paraissent satisfaites de pouvoir obtenir rapidement l'avis médical d'un professionnel. Beaucoup d'appels concernent les maladies d'enfants. Les conseils avisés du médecin régulateur, et l'envoi éventuel par fax d'une ordonnance à la pharmacie de garde, permettent très souvent d'éviter un déplacement aux urgences de l'hôpital. Autre cas souvent réglé directement par le médecin régulateur: la cystite aiguë.

Quel bilan les médecins tirent-ils de ce système?

Le bilan est jugé très positif. Grâce à ce système, les médecins de garde sont nettement moins sollicités, notamment la nuit. Cela améliore leur qualité de vie. Face à la pénurie de médecins généralistes, l'existence d'un système qui réduit la charge de la garde peut être un argument décisif dans la décision d'un médecin d'ouvrir ou de reprendre un cabinet dans notre canton.

Qui travaille à la régulation médicale?

Une trentaine de médecins volontaires s'y relaient la nuit et le week-end pour assurer la permanence téléphonique depuis la centrale basée à Sierre. Ils sont sous contrat avec l'OCVS et rémunérés. Sans l'engagement de ces médecins, le 0900 144 033 ne pourrait pas fonctionner. Même si le travail est pénible, il est intéressant et apprécié des confrères et de la population valaisanne.

En termes de coûts, ce système est-il rentable?

En mettant en place la régulation médicale, le but du canton et des partenaires n'a jamais été d'en faire un système rentable. Pour 2012, le canton déboursera plus de 760 000 francs pour financer ce service à la population. Mais ce système se défend économiquement, car il permet d'éviter des consultations médicales et des hospitalisations inutiles, qui auraient pour conséquence une augmentation des coûts de la santé. La régulation permet aussi de diminuer le nombre de personnes qui se rendent aux urgences des hôpitaux.

La facturation de ce service a récemment changé, en quoi?

Les assureurs maladie n'ont pas souhaité participer directement au financement de la régulation médicale. La majorité des frais sont donc assumés par le canton et une faible participation est demandée aux personnes qui font appel à la régulation médicale. Jusqu'au 1er février 2012, ces personnes recevaient une facture selon le tarif Tarmed en vigueur, théoriquement remboursable par leur assureur maladie. Depuis le début de l'année, ce remboursement n'est plus possible. Un montant symbolique est répercuté directement sur la facture téléphonique de l'appelant .

Un montant symbolique?

L'appel coûte 50 centimes puis 2 francs par minute de communication. Comme la majorité des appels dure entre 3 et 11 minutes, le montant facturé restera très raisonnable (de l'ordre de 7 à 23 francs). A titre d'exemple, la facture moyenne par client se situait en 2011 à 25 francs. Vu le montant peu élevé des factures, beaucoup de personnes renonçaient à demander un remboursement à leur assureur ou n'y avaient pas droit à cause de la franchise. Le nouveau système ne va donc pas changer beaucoup la pratique. Les montants demandés aux clients couvrent moins de 20% des coûts de la régulation médicale.

Qui paie alors ce service?

La régulation médicale est financée à plus de 80% par le canton du Valais. Il s'agit d'un service rendu à la population et aux médecins. Elle garantit une prise en charge 24 heures sur 24 à toute la population valaisanne puisqu'elle dessert de manière égale toutes les régions du canton, même les plus éloignées. Cette centrale d'appels décharge aussi les médecins de premier recours et soulage les services d'urgences des hôpitaux.

La régulation médicale, c'est d'abord une centrale d'appels pour des conseils médicaux d'urgences d'un genre unique en Suisse. Mise en place en 2007 par le Service cantonal de la santé publique, la Société médicale du Valais et l'Organisation cantonale valaisanne des secours (OCVS), la régulation médicale assure l'accès à des conseils médicaux à la population valaisanne ainsi qu'aux touristes qui séjournent en Valais et soulage les médecins de garde. Plus des 80% de ses coûts sont financés par le canton du Valais.

Le Dr Marc-Henri Gauchat, président de la Société médicale du Valais, explique comment fonctionne cette centrale d'appels.

"La régulation médicale, c'est un numéro de téléphone, le 0900 144 033, à composer si l'on a besoin d'un conseil médical le soir ou le week-end, quand les cabinets médicaux sont fermés. Au bout du fil, ce sont des médecins expérimentés qui conseillent efficacement et orientent les patients vers des soins appropriés.

Quand faire appel à la régulation médicale?

Les médecins régulateurs assurent une permanence téléphonique la semaine de 19 heures à 7 heures le matin et 24 heures sur 24 les week-ends et jours fériés. Ils traitent tous les cas de médecine générale qui ne concernent pas une urgence vitale. Il peut s'agir de fièvre, de maux de tête, de gorge ou de ventre, de toux, de bronchites, de douleurs rhumatismales, d'anxiété, de questions sur la prise de médicaments, etc.

En quoi ce système est-il différent des centrales d'appels mises en place par les assureurs comme Medgate ou Medi24?

A la régulation médicale, il n'y a pas d'intermédiaires, ce sont directement des médecins de la région qui répondent aux appels.

Ils connaissent donc très bien le terrain et le dispositif de soins régional. Ils travaillent en étroite collaboration avec la centrale d'urgences 144.

La régulation médicale a donc une fonction de tri?

Le médecin régulateur conseille la personne qui appelle et l'oriente vers des soins appropriés si nécessaire. Dans près de 55% des cas, les conseils médicaux prodigués par téléphone suffisent. Lorsque la situation l'exige, le médecin régulateur contacte le médecin de garde qui organise soit une visite à domicile soit une consultation dans son cabinet ou l'envoi à un service d'urgence hospitalière. Dans les situations les plus extrêmes, le médecin répondant en réfère aux centralistes du 144 qui occupent les locaux d'à côté. Ces derniers se chargent alors d'organiser un service d'ambulance voire un hélicoptère, selon les circonstances et le degré d'urgence.

Combien de personnes composent le 0900 144 033 chaque année?

En 2011, près de 7 000 personnes se sont adressées à la régulation médicale. Cela représente une moyenne de 19 appels par jour. Le mois de décembre a été le plus chargé avec plus de 990 appels.

La population est-elle satisfaite de ce service?

Les personnes qui s'adressent à un médecin régulateur paraissent satisfaites de pouvoir obtenir rapidement l'avis médical d'un professionnel. Beaucoup d'appels concernent les maladies d'enfants. Les conseils avisés du médecin régulateur, et l'envoi éventuel par fax d'une ordonnance à la pharmacie de garde, permettent très souvent d'éviter un déplacement aux urgences de l'hôpital. Autre cas souvent réglé directement par le médecin régulateur: la cystite aiguë.

Quel bilan les médecins tirent-ils de ce système?

Le bilan est jugé très positif. Grâce à ce système, les médecins de garde sont nettement moins sollicités, notamment la nuit. Cela améliore leur qualité de vie. Face à la pénurie de médecins généralistes, l'existence d'un système qui réduit la charge de la garde peut être un argument décisif dans la décision d'un médecin d'ouvrir ou de reprendre un cabinet dans notre canton.

Qui travaille à la régulation médicale?

Une trentaine de médecins volontaires s'y relaient la nuit et le week-end pour assurer la permanence téléphonique depuis la centrale basée à Sierre. Ils sont sous contrat avec l'OCVS et rémunérés. Sans l'engagement de ces médecins, le 0900 144 033 ne pourrait pas fonctionner. Même si le travail est pénible, il est intéressant et apprécié des confrères et de la population valaisanne.

En termes de coûts, ce système est-il rentable?

En mettant en place la régulation médicale, le but du canton et des partenaires n'a jamais été d'en faire un système rentable. Pour 2012, le canton déboursera plus de 760 000 francs pour financer ce service à la population. Mais ce système se défend économiquement, car il permet d'éviter des consultations médicales et des hospitalisations inutiles, qui auraient pour conséquence une augmentation des coûts de la santé. La régulation permet aussi de diminuer le nombre de personnes qui se rendent aux urgences des hôpitaux.

La facturation de ce service a récemment changé, en quoi?

Les assureurs-maladie n'ont pas souhaité participer directement au financement de la régulation médicale. La majorité des frais sont donc assumés par le canton et une faible participation est demandée aux personnes qui font appel à la régulation médicale. Jusqu'au 1er février 2012, ces personnes recevaient une facture selon le tarif Tarmed en vigueur, théoriquement remboursable par leur assureur-maladie. Depuis le début de l'année, ce remboursement n'est plus possible. Un montant symbolique est répercuté directement sur la facture téléphonique de l'appelant.

Un montant symbolique?

L'appel coûte 50 centimes puis 2 francs par minute de communication. Comme la majorité des appels dure entre 3 et 11 minutes, le montant facturé restera très raisonnable (de l'ordre de 7 à 23 francs). A titre d'exemple, la facture moyenne par client se situait en 2011 à 25 francs. Vu le montant peu élevé des factures, beaucoup de personnes renonçaient à demander un remboursement à leur assureur ou n'y avaient pas droit à cause de la franchise. Le nouveau système ne va donc pas changer beaucoup la pratique. Les montants demandés aux clients couvrent moins des 20% des coûts de la régulation médicale.

Qui paie alors ce service?

La régulation médicale est financée à plus de 80% par le canton du Valais. Il s'agit d'un service rendu à la population et aux médecins. Elle garantit une prise en charge 24 heures sur 24 à toute la population valaisanne puisqu'elle dessert de manière égale toutes les régions du canton, même les plus éloignées. Cette centrale d'appels décharge aussi les médecins de premier recours et soulage les services d'urgences des hôpitaux.