Les coulisses peu reluisantes du Mondial

Celia Alldridge, de l'organisation E-Changer, évoquera jeudi à la HES-SO les aspects négatifs de la coupe du monde sur les plus pauvres au Brésil.

06 mai 2014, 14:50
Si le football reste la passion des petits Brésiliens, il ne favorise que les riches...

«La Coupe du Monde ne profite de loin pas à tous les Brésiliens. Au contraire même. Les plus pauvres sont lésés par ce genre d’événements», souligne Celia Alldridge, coordinatrice de «E-Changer» (organisation suisse de coopération solidaire Nord-Sud) au Brésil. Elle est d’ailleurs présente en Suisse cette semaine pour évoquer la campagne «Des goals contre l’injustice», une action de sensibilisation «pour un football pensé comme une pratique socio-pédagogique». Elle donnera une conférence jeudi à la HES-SO de Sierre, dans le cadre la semaine internationale, avec Sergio Haddad, organisateur brésilien du mondial du foot de rue.

Bénéfique que pour la FIFA

Pour Celia Alldridge, il est important de montrer la réalité de ce que vivent les Brésiliens, dans les coulisses du Mondial. «Il faut bien être conscient que les bénéfices majeurs de ce genre d’événements vont à la FIFA. Au niveau du pays, il y aura davantage de touristes, bien sûr, mais cela n’aura que peu d’impacts sur les travailleurs. Pour eux, peu importe que les compétitions aient lieu au Brésil: ils devront aussi regarder les matches devant leur télé!»

Billets hors de prix

Car le prix d’un billet pour une rencontre équivaut à la moitié du salaire minimum mensuel au Brésil. Quant à la finale, les tarifs flambent. Les places se montent là à 900 francs. «C’est donc complètement inabordable pour les travailleurs brésiliens passionnés de foot», ajoute Celia Alldridge pour qui ces prix renforcent encore les exclusions et les inégalités sociales. 

Les spectateurs indigènes ne pourront pas non plus profiter des espaces créés dans chaque ville pour suivre les rencontres sur grand écran. «Ce sont des lieux réservés aux sponsors uniquement. Des espaces privatisés dont les travailleurs sont exclus.»
Pire encore, le Mondial est utilisé comme justificatif pour renforcer la violation des droits déjà pratiquée au Brésil. Ainsi le gouvernement retire-t-il de force certains habitants pauvres d’une région pour y construire des immeubles luxueux pour les touristes. «On leur promet souvent de nouveaux logements, et rien ne vient. Les gens ne peuvent qu’être déçus.»

Celia Alldridge donnera une conférence à 15 heures ce jeudi 8 mai à la HES-SO de Sierre.