Le Valais veut améliorer le quotidien de ses familles

La première étude officielle de la famille valaisanne affiche une très grande similarité avec le reste du pays, malgré des différences notables entre le Haut et le Bas-Valais. Dix-neuf projets vont être analysés sous l’angle financier pour savoir comment améliorer les points faibles actuels.

08 avr. 2019, 18:00
La famille valaisanne moyenne ressemble comme deux gouttes d’eau à une famille suisse moyenne.

Le Valais était le dernier canton à ne pas disposer de radiographie de sa structure familiale. La lacune est désormais comblée. La cheffe du Département de la santé Esther Waeber-Kalbermatten a présenté lundi une étude sur la situation des familles valaisannes – 45 000 familles avec enfants de moins de 25 ans – et dressé un état des lieux des prestations qui leur sont dédiées. Avant de dégager, avec le soutien de l’Office cantonal de l’égalité et de la famille, dix-neuf pistes de travail destinées à servir de base à la future politique familiale cantonale. Les enjeux en cinq points.

Une famille valaisanne très suisse

Premier constat: la famille valaisanne moyenne ressemble comme deux gouttes d’eau à une famille suisse moyenne. «Avec un taux de natalité de 1,5 enfant par femme, avec 45% de divorces recensés et même une urbanité prononcée avec 70% des familles vivant dans la plaine du Rhône, le Valais affiche une grande similarité avec le reste de la Suisse», note Tanja Guggenbühl collaboratrice scientifique au sein du Bureau BASS qui a signé cette étude. Ce rapport met en lumière un vrai changement de mœurs qui peut fragiliser le rapport entre les différentes générations. «L’évolution démographique fait qu’avec le vieillissement de la population, la solidarité entre les générations peut devenir une charge», poursuit la collaboratrice scientifique.

Des différences sensibles entre le Haut et le Bas-Valais

Deuxième constat tiré de ce portait statistique: il y a de nettes différences entre le Valais francophone et germanophone. De l’autre côté de la Raspille, les mères sont ainsi sensiblement moins intégrées dans le monde professionnel, puisque 68% d’entre elles travaillent à l’extérieur du foyer contre 76% dans le Valais romand. Autre écart notoire: il concerne le taux de familles monoparentales, moins nombreuses dans le Haut-Valais (10% contre 15% de Sierre au Léman). Enfin, le Haut-Valais compte aussi nettement moins de familles issues de la migration: 21% contre 36% dans le Valais romand, où la plus grande urbanisation peut en partie expliquer ces différences.

Deux catégories à risque… de paupérisation

Au sein des familles valaisannes, l’arrivée d’enfants correspond le plus souvent à une diminution de revenus puisque l’écrasante majorité des mères qui continuent de travailler le font à temps partiel et les dépenses augmentent notamment en raison de besoins accrus en soins. Selon l’étude, ce constat augmente fortement le risque de pauvreté dans les familles ayant trois enfants ou plus, mais aussi au sein des ménages monoparentaux. «29% de cette catégorie de familles doivent composer avec un revenu disponible inférieur à 60% de la médiane suisse.»

Bon élève, mais doit mieux faire

L’étude du BASS démontre aussi que le Valais n’est pas si mal loti en comparaison intercantonale grâce à des allocations familiales parmi les plus élevées du pays, une fiscalité plutôt basse ou encore la gratuité via des subventions de certains soins dentaires aux moins de 16 ans. Mais des améliorations doivent être apportées pour permettre aux familles de jouer à fond leur rôle d’éducation des enfants, d’aide aux proches et d’épanouissement de ses membres. La politique familiale doit aussi contribuer à réduire les risques en termes de protection des plus démunis. «Non maîtrisés, ceux-ci se transforment en coûts humains et financiers.»

Dix-neuf mesures pour un coût à déterminer

Augmentation de l’accueil extra-familial de jour, aides financières mieux ciblées, révision du système de bourses d’études qui concernent 40% des jeunes en formation mais les montants les plus bas de Suisse, etc. Dix-neuf pistes de travail ont été présentées par l’Office cantonal de l’égalité et de la famille en se basant sur cette étude du BASS. «2019 doit permettre aux cinq départements et vingt services concernés de chiffrer l’impact de ces mesures sur les finances cantonales», annonce Esther Waeber-Kalbermatten. De cette estimation dépendra la concrétisation des mesures préconisées au mieux en 2020.