Conseil d'état: Oskar Freysinger plébiscité par le peuple valaisan

53'178 voix: personne ne s'attendait à ce qu'Oskar Freysinger réalise un tel score dimanche. La participation est en forte hausse, passant de 54,6% en 2009 à 68,1%. Malgré tout, aucun candidat n'est élu à l'issue de ce premier tour

04 mars 2013, 07:15
Sion, le 03.03.2013. Elections cantonales 2013.  Oskar FREYSINGER (UDC). (Le Nouvelliste/Christian Hofmann)

Le peuple valaisan a compris que durant cette élection particulière, il devait choisir entre les trois candidats du district de Sion. Et il a choisi. Clairement. Avec 53'178 voix, Oskar Freysinger a très largement devancé ses deux rivaux. Ce choix s’apparente à une baffe pour le PLR et l’homme qu’il a choisi lors de ses primaires internes, Christian Varone.

En fait, avec près de 23,8% des voix, Christian Varone n’a pas totalement démérité. Il pèse plus que son parti aux dernières élections fédérales. Il fait mieux que les 22,1% de Jean-René Germanier au Conseil des Etats, mais moins bien que Claude Roch au Conseil d’Etat en 2009 (29,5%, tout en faisant 3157 voix de plus que lui), dans d’autres circonstances il est vrai.

Il semble évident que les électeurs PDC ont majoritairement rajouté Oskar Freysinger sur leur liste. Les socialistes aussi, apparemment. En tout cas dans la commune socialiste d’Icogne, le candidat UDC arrive très largement en tête (106 voix contre 72 à Esther Waeber-Kalbermatten).

Une petite consolation pour le commandant de la police cantonale: il est prophète en son pays saviésan. Avec 2222 voix dans sa commune contre 1176 à son rival local, il sauve l’honneur.

Fortunes diverses pour le PDC et la gauche

En valeur absolue, avec la forte augmentation de la participation, Jean-Michel Cina (50256 voix contre 40016 en 2009), Jacques Melly (47589 contre 32084) et Maurice Tornay (46738 contre 32084) font beaucoup mieux qu’en 2009. En pourcentage, les deux PDC du Valais romand progressent également, alors que Jean-Michel Cina, même s’il gagne plus de 10 000 voix, se tasse légèrement (37% contre 40,3% en 2009).

Le Vert Christophe Clivaz, qui se rêvait en alternative aux candidats bourgeois, ne réalise pas le score espéré. Il se retrouve à  11,6%, très loin des 16,1% obtenus par Marylène Volpi-Fournier en 2009.

La socialiste Esther Waeber-Kalbermatten, comme les autres sortants, progresse en nombre de voix, passant de 26 438 à 35 491 voix, mais baisse légèrement en pourcentage, passant de 26,7% à 26,1%.

Réactions et analyses dans l'édition du Nouvelliste du lundi 4 mars.

Commentaire

Par Jean-Yves Gabbud, rédacteur en chef adjoint

 

Le Valais plébiscite Oskar Freysinger. Il plébiscite un homme, un style, celui qui semble capable d’apporter du changement. Le Valais autrement, n’en déplaise à la gauche qui était porteuse de ce slogan, passera par lui.

Le Valais ne veut pas d’un Christian Varone englué dans son, voire ses, affaires. Le constat est limpide. Reste à savoir si le Valais est prêt à se passer du PLR au Conseil d’Etat.

Aujourd’hui, le PLR n’a pas le choix. S’il veut conserver sa place à l’exécutif cantonal, il doit changer de cheval pour le second tour, faute de quoi il sera laminé… et exclu du Conseil d’Etat pour une longue période. Pour plusieurs périodes législatives.

En voyant le score obtenu par Oskar Freysinger, le PLR doit chercher un nouveau candidat qui ne se retrouve pas en confrontation directe avec le président de l’UDC. En d’autres termes, il doit dénicher un champion en dehors du district de Sion. Même le très populaire Marcel Maurer, tout président de Sion qu’il doit et malgré le score historique réalisé il y a peu, ne semble pas, ou plus, en mesure de l’emporter sur le phénomène Oskar Freysinger.

Si le PLR décide de présenter un Jean-René Germanier, un Léonard Bender ou un Philippe Nantermod il s’attaque du même coup au siège socialiste et haut-valaisan d’Esther Waeber-Kalbermatten. Il  prendrait ainsi le risque de voir le Haut se resserrer sur un vote purement régional. A ce moment-là, plus personne n’est assuré d’être réélu. Même pas les sortants PDC si les électeurs démocrates-chrétiens continuent de vouloir jouer les arbitres et distribuer leurs voix. Le suspense est total.