Valais: les professeurs de ski ne sont pas tous logés à la même enseigne

Etre professeur de ski à Crans-Montana ou à Champéry, ce n'est pas la même chose. Rien à voir avec l'enneigement ou l'ensoleillement, mais les coûts pour accéder aux remontées mécaniques vont de la gratuité à 750 francs.

27 janv. 2017, 14:22
/ Màj. le 27 janv. 2017 à 17:01
Les professeurs de ski ne sont pas tous logés à la même enseigne

C’est une petite révolution aux Portes du Soleil. Cet hiver, les professeurs des écoles de ski côté helvétique ont dû mettre la main au porte-monnaie. Ils paient désormais 250 francs pour leur abonnement de saison. Une règle commune à l’ensemble du domaine franco-suisse est en cours d’élaboration. «Le chauffeur routier paie son essence, il est normal que les professeurs de ski, qui gagnent leur vie en utilisant nos installations, paient leur abonnement», justifie Pascal Bergero, directeur de Télé Champéry Crosets Portes du Soleil SA.

Directeur de l’Ecole suisse de ski (ESS) de Champéry… et membre du conseil d’administration des remontées mécaniques, Luc Défago voit ce changement d’un bon œil.  «Cela permet de mettre tout le monde sur un pied d’égalité. Parce qu’il y a des écoles qui viennent taper dans le marché sans amener de clientèle supplémentaire et sans participer à la vie de la station.»

«Les profs? Des partenaires privilégiés»

Co-directrice de l’école de ski Arc-en-Ciel, à Siviez, Tania Fournier reconnaît que le sujet du prix de l’abonnement de ski pour les professeurs de sports de neige est «un gros débat. Oui, on gagne de l’argent en utilisant les infrastructures, mais on amène aussi des clients. Avoir un prix préférentiel, c’est déjà une bonne chose.» Dans les 4 Vallées, les profs de ski sont considérés comme des «partenaires privilégiés, c’est pour cela que nous faisons des rabais importants», explique Frédéric Grichting, responsable marketing de Nendaz Veysonnaz Remontées mécaniques.

Gratuit dans les petites stations

Partenaires. C’est aussi le mot utilisé par Alain Darbellay, directeur de TéléLaFouly-Champex-Lac, qui offre comme d’autres petites destinations la gratuité à «ses» professeurs patentés. «C’est un peu le rôle de nos petites stations, poursuit Alain Darbelly; si on a un bon contact avec nos professeurs, ça les invite à revenir avec leurs clients. Et puis des familles qui amènent leurs enfants pour des cours, c’est du coup toute la famille qui skie là.» Cela dit, tous les instructeurs de La Fouly ont pris, cette année, le pass Saint-Bernard à 99 francs, plus avantageux que la gratuité sur La Fouly et Champex-Lac uniquement. «C’est par soutien pour les remontées mécaniques. Mais si un jour il faut payer notre abonnement de ski pour la station, on paiera», relève Casimir Gabioud.

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A l’origine de l’un des gros coups marketing avec son abonnement à 222 francs, Saas-Fee a également séduit ses professeurs, dont un grand nombre a opté pour ce pass. Soit 78 francs de moins que le prix habituellement réservé aux instructeurs de la vallée de Saas (300 francs). «Nous sommes une société qui doit tourner, on n’est pas une organisation non professionnelle, justifie Daniela Lomatter, responsable administrative des Sasstal Bergbahnen AG. Cela dit, un prof patenté gagne 55 ou 60 francs de l’heure, c’est vite rentabilisé.» Le prix, en tous les cas, ne choque pas Christine Derivaz, vice-directrice ESS Saas-Fee. «C’est un prix correct. Ça ne doit pas être gratuit non plus; on peut bien payer quelque chose.» Sans compter que les grandes stations doivent aussi faire face à la présence de professeurs de ski étrangers

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Augmentation de 300 francs à Crans-Montana

A Crans-Montana, les moniteurs paient un «quelque chose» plus important. 750 francs, soit le prix de l’abonnement pour tout skieur domicilié en Valais.

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«Cela reste un bon tarif pour des gens qui gagnent leur vie sur notre domaine skiable», estime Arthur Clivaz, directeur de Crans-Montana Aminona. Qui précise qu’il y a encore trois saisons, ce même forfait spécial profs de ski était à 450.- «Cette hausse a été assez radicale, reconnaît Nicolas Masserey, directeur de l’ESS de Crans-Montana. Surtout que c’est déjà plus dur de gagner sa vie sur une saison.» La solution préconisée: «montrer que l’on apporte une réelle plus-value; on doit valoriser notre métier», conclut Nicolas Masserey.