Quand le cheval soigne les maux des hommes

La méthode aide les patients IMC ou atteints de sclérose en plaques.Le point avec Trudi Dupont, l'une des rares thérapeutes pour ce traitement en Valais.

22 avr. 2013, 07:24
data_art_1524627.jpg

 

"On va sur le cheval, Jules? T'es prêt?" La maman du petit garçon IMC agé de 4 ans dépose alors délicatement son fils sur "Sa phir", un cheval islandais. "C'est un cheval idéal pour les petits patients notamment. Il est relativement fin, et aime tölter (ndlr. marcher entre le pas et le trot) , une allure qui convient bien aux patients" , explique Trudi Dupont. Cette physiothérapeute se prépare à pratiquer l'hippothérapie-K avec Ju les en plein air, à Saxon. Pendant une quarantaine de minutes, elle accompagne et effectue divers exercices avec le petit patient assis sur le cheval.

 

Un vrai traitement thérapeutique

 

L'hippothérapie-K est une for me de traitement physiothérapeutique reconnu utilisant les mouvements du dos du cheval retransmis sur le patient qui, lui, reste passif et n'exerce aucune influence sur l'animal. " Cette méthode permet d'utiliser les mouvements induits par le cheval sur la personne qui doit apprendre à gérer ses mouvements. C'est un réel travail de physiothérapie, mais qui permet un déplacement dans l'espace alors qu'au cabinet, on est beaucoup plus statique" , ajoute Trudi Dupont.

La méthode est destinée aux personnes IMC, atteintes de sclérose en plaques (traitements remboursés par les caisses-maladie) ou encore aux paraplégiques. "L'hippothérapie a une action équilibrante sur le tonus de la musculature du tronc; elle diminue donc les symptômes de surcharge (douleurs dorsales) et ré-entraîne cette même musculature; elle libère également les mouvements du bassin et détend les mem bres inférieurs."

 

Résultats spectaculaires

 

De par son expérience de vingt-cinq ans, Trudi Dupont a ainsi pu mesurer les effets spectaculaires de la méthode sur ses patients. "Ils font des progrès incroyables, de séance en séance." Evelyne, une Valaisanne atteinte de sclérose en plaques depuis 1998, ne la contredira pas. "Je suis persuadée que l'hippothéra pie me fait du bien pour ralentir l'évolution de la maladie. Je fais aussi d'autres activités, comme de l'aqua gym par exemple; tout cela doit sans doute contribuer à me maintenir active et sur mes deux jambes!" Cavalière passionnée avant la maladie, Evelyne retrouve ainsi une certaine complicité avec le cheval. "C'est un contact privilégié avec l'animal que j'ai envie de préserver."

La patiente peut monter sur le dos de "Saphir", sans avoir besoin d'aide. Une rampe d'accès - également destinée aux personnes sur chaise roulante - lui permet de s'installer sur l'animal sans trop d'effort. Par ailleurs, différentes selles existent pour répondre au mieux aux besoins des patients. "Des étriers spéciaux peuvent être utilisés pour neutraliser le poids trop important que représentent des jambes paralysées par exemple. Cela évite une po sition trop cambrée, qui aurait tendance à bloquer le bassin dans ses mouvements ", précise Trudi Dupont.

En Valais, seules deux autres personnes pratiquent la méthode hippothérapie-K: l'une la pratique à la clinique bernoise de Crans-Montana, surtout avec des patients de l'établissement, et l'autre à Brigue. "La méthode exige une formation. Il ne s'agit pas seulement de mettre une personne sur le cheval et de la faire tourner sur la piste", ajoute Trudi Dupont.

Mouvements précis donc, mais sans oublier le plaisir du patient. Qui a une place prépondérante dans le traitement. "Le fait d'être à l'air libre et d'avoir un contact privilégié avec le cheval est gratifiant pour la personne." Car le but final est bel et bien de se faire plaisir et de faire plaisir à son corps.