Pop, folk, blues et classique unis pour «sublimer» Crans-Montana

Crans-Montana surfe sur la vague «terroir et nature» en lançant ce week-end le Sublime Festival, un open air en journée qui se veut décontracté. Présentation.

21 août 2018, 17:00
Le groupe grison de pop 77 Bombay Street sort de sa retraite après une année vierge de concerts en 2017.

Le pari est osé. Lancer un festival de musique en été alors que l’offre est déjà pléthorique – 75 festivals payants recensés en Suisse romande par la plateforme Ticketcorner – et que certains tirent méchamment la langue, avec des chiffres virant au rouge vif. On se souvient du feu Pully for Noise, enterré en 2016.

Mais Raphaël Nanchen n’en est pas à son coup d’essai, lui qui est l’un des cofondateurs du Caprices festival de Crans-Montana (2004) et du plus récent Polaris (2015) à Verbier. «Avec plusieurs anciens, on s’est dit que c’était le moment de refaire quelque chose sur le Haut-Plateau», lance-t-il au bout du fil à quelques jours de l’ouverture de «son» Sublime Festival

Une line-up aguicheuse

Pour une première, l’affiche est pimpante avec des noms comme Bastian Baker – dont ce sera l’unique concert en Suisse – 77 Bombay Street – de retour après un bon an de mutisme – le bluesman américain Eric Bibb et la célèbre cantatrice Barbara Hendricks pour ne citer qu’eux. Ici l’occasion a fait le larron. «On avait sous la main une belle brochette d’artistes tous disponibles à ces dates, on devait y aller», raconte celui qui est devenu manager (de Bastian Baker notamment) et créateur d’événements avec sa compagnie Dandy vision.

 

 

A un moment donné, il faut se lancer sinon on ne le fait jamais.»
Raphaël Nanchen, fondateur du Sublime Festival

 

 

Proche de la nature

Mais c’est surtout un attachement viscéral à sa région d’origine et un désir de la «sublimer» qui a donné naissance à cet open air new look qui colonise l’espace d’un week-end les rives du lac de la Moubra. Coloniser, le mot est un peu fort car le Sublime Festival amorce comme un retour à la nature, avec un minimum d’infrastructures pour une emprise au sol réduite. Pas de grande scène à la Paléo mais un espace convivial où se multiplieront les activités sportives – paddle, yoga, accrobranche, etc. –  et gastronomiques à destination d’un public familial.

 

Le lac de la Moubra, site du Sublime Festival de Crans-Montana.

 

On suit la tendance des festivals valaisans qui vont vers la nature, le terroir, la simplicité.»
Raphaël Nanchen, fondateur du Sublime Festival
 

«On est un peu dans la lignée du Week-end au bord de l’eau à Sierre ou encore du Palp Festival même si ce dernier pousse encore plus loin le minimalisme», explique Raphaël Nanchen qui voit s’esquisser une vraie tendance dans le canton vers des festivals misant sur le terroir, la nature et la simplicité. Une sainte trilogie que le natif d’Icogne espère gagnante. Même si le lieu pourrait évoluer dans le futur, «pour autant que l’événement reste à taille humaine».


De la musique... en journée!

Avec 3000 festivaliers attendus sur le week-end, les organisateurs n’ont pas un appétit gargantuesque eu égard aux têtes d’affiche annoncées. Qui auront la surprise de jouer en… journée! Une programmation diurne comme une marque de fabrique et un souci de se démarquer de la concurrence.

«Au-delà de la musique, on propose au public de vivre une expérience globale.» Plus jeune et pop le samedi avec une coloration suisse, plus sage et classique le dimanche autour du récital blues/jazz de Barbara Hendricks «The Road to Freedom» et des «Quatre saisons» de Vivaldi revisitées par le violoniste belge Michael Guttman. Le Plat-Pays sera particulièrement à l’honneur dimanche avec un hommage à deux de ses illustres voix aujourd’hui disparues Maurane et Brel. Le fruit d’une collaboration avec les Crans-Montana Classics et son concept  «Alti’musique» de concert en montagne.

 

 

Offre complémentaire

Reste que la concurrence au niveau événementiel est bien réelle en cette fin d’été à Crans-Montana avec le festival d’art urbain Vision Art et Cirque au sommet. De quoi de faire de l’ombre au puîné? «Je ne pense pas», rétorque Raphaël Nanchen. «On est plutôt complémentaire. Le Vision Art proposera même des performances live dimanche dans l’enceinte du festival. La station bouge, et au final tout le monde en profite!»


S’inscrire dans la durée

Si l’aventure démarrée «un peu à l’arrache» – comprenez «sans subventions» – courant mai devait mal tourner, cela sonnerait-il le glas de la manifestation? «La billetterie fonctionne bien, on est assez confiant», confesse l’âme du Sublime qui est surtout impatient de voir «si la mayonnaise va prendre». D’autant que le budget de 150 000 francs n’a rien d’exorbitant.

«Mais c’est clair que si deuxième édition il y a, on se mettra en quête de soutiens publics», lâche le fils de Gabrielle Nanchen – la plus jeune femme élue au Conseil national en 1971 – la voix pleine d’espoir. Comme une incantation aux cieux pour qu’ils n’ouvrent pas leurs vannes. Car c’est bien dame Météo qui in fine fait toujours les beaux jours (ou pas) des festivals de plein air.
 

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