Ils misent une pièce sur Yule, Zenhäusern et Meillard

Des cinq Valaisans présents aux championnats du monde d’Are, Daniel Yule, Ramon Zenhäusern et Loïc Meillard sont les plus sérieux candidats à un podium selon Pirmin Zurbriggen et Didier Plaschy.
04 févr. 2019, 18:01
Loïc Meillard sera davantage attendu en slalom géant. Il a décroché trois tops 5, dont un 2e rang, dans cette discipline cette saison en Coupe du monde.

Le combiné alpin masculin, le géant masculin, les slaloms classiques féminin et masculin. Les skieurs valaisans disposeront de quatre occasions pour aller décrocher l’une ou l’autre médaille individuelle aux championnats du monde d’Are, lesquels commencent ce mardi en Suède. S’il fallait miser une pièce sur les disciplines qui verront l’un ou plusieurs d’entre eux atteindre le graal, c’est vers le géant et le slalom masculins qu’il faut se tourner. «Les Valaisans ne prendront pas directement place dans la première ligne, celle réservée aux ultra-favoris», avertit Pirmin Zurbriggen, lequel a décroché neuf médailles dans sa carrière. «Je les vois plutôt dans le groupe des skieurs auxquels il faut souvent prêter une attention toute particulière lors de championnats du monde.»

A lire aussi : Les conseils de trois anciens as valaisans avant le début des mondiaux de ski alpin

Yule, Zenhäusern et Meillard en 2e ligne

Le Haut-Valaisan fait évidemment référence à Daniel Yule, Ramon Zenhäusern et Loïc Meillard. «Chacun a ses propres qualités et peut prétendre à une place sur le podium. D’ailleurs, ils pourront profiter de leur position de viennent-ensuite, laquelle est bien plus enviable que s’ils portaient l’étiquette d’extraterrestre ou de grand favori. Ils n’auront rien à perdre et pourront skier sans pression.»

Leur position de viennent-ensuite est beaucoup plus enviable que s’ils portaient une étiquette d’ultra-favoris.
Pirmin Zurbriggen, ancien skieur valaisan


L’ancien slalomeur Didier Plaschy abonde dans le même sens. «Quand vous signez le temps de la première manche du slalom de Kitzbühel, que vous finissez 4e à Schladming sur une pente qui, sur le papier, n’est pas forcément celle sur laquelle on vous attend et que vous êtes vice-champion olympique de la discipline, je pense que vous portez l’étiquette de favori derrière des noms comme Hirscher, Noël et Kristoffersen», annonce-t-il, faisant référence à Ramon Zenhäusern. «Même s’il a démontré pouvoir être performant sur n’importe quelle pente, celle d’Are devrait lui convenir tout particulièrement.»

Une concurrence qui ne rendra la médaille que plus resplendissante

Et Daniel Yule, alors, l’homme le plus régulier de l’hiver dans le clan des slalomeurs suisses et même du cirque blanc, lui qui occupe le 3e rang au général de la discipline? «La pente n’est presque pas assez exigeante pour lui», imagine Didier Plaschy. «En plus, ce ne sera pas une course nocturne», sourit-il, rappelant que le Bas-Valaisan a signé ses trois derniers podiums en nocturne, entre Schladming et Madonna di Campiglio. «Mais on peut lui faire confiance: Daniel Yule est un véritable cheval de course.»

Voilà les deux principales armes pour l’épreuve entre les piquets rapprochés, qui auront d’autant plus leur chance que cet hiver, les extraterrestres sont redevenus des êtres humains. «En fait, entre quinze et vingt hommes auront leur chance. Il y a une telle qualité, une telle concurrence cette saison dans cette discipline que les prétendants aux médailles sont nombreux. Cela rendra d’autant plus précieux le résultat de ceux qui décrocheront une médaille à Are. Ramon, Daniel mais aussi Loïc font évidemment partie de ceux-là», confie Pirmin Zurbriggen.  

Meillard attendu en géant

Loïc Meillard, parlons-en. S’il a prouvé être capable d’occuper les toutes premières places dans la discipline, nos consultants le voient davantage être performant lors du géant. «En slalom, sa technique convient bien dans certaines conditions, un peu moins dans d’autres. Sa façon de skier est très risquée. Je le vois plus fort en géant», observe Didier Plaschy. «Avec lui, on ne sait jamais. Il a parfois la tendance à skier un peu dur, trop dur même», remarque Pirmin Zurbriggen.

La façon de skier de Loïc Meillard est très risquée. Je le vois plutôt en géant qu’en slalom.
Didier Plaschy, ancien slalomeur

«Or si vous regardez les conditions, il fera très froid. Il faudra skier mois dur, avec plus de sensations. Mais s’il trouve la bonne clé et les bons réglages pour la Suède, la porte qui doit le mener vers le podium lui sera alors grande ouverte.»
Le team event, qui avait vu l’équipe de Suisse décrocher la médaille d’or aux derniers Jeux olympiques, constituera à n’en point douter une autre possibilité pour les Valaisans qui y prendront part de se partager une médaille. 




 

Elena Stoffel pour un pas en avant?

Elena Stoffel participera au slalom le 16 février prochain. ©Keystone

Si Daniel Yule, Ramon Zenhäusern et Loïc Meillard font partie des sérieux candidats aux médailles, tel ne devrait pas être le cas de Luca Aerni et d’Elena Stoffel. Le skieur de Crans-Montana, qui visait une place dans l’équipe de slalom, n’a pas atteint les critères. Il devrait ainsi se contenter de défendre sa couronne mondiale décrochée en combiné il y a deux ans. «Luca doit surtout penser à finir cette saison de slalom de bonne humeur et planifier l’hiver prochain. Il connaît actuellement quelques grands soucis de matériel, lesquels peuvent néanmoins vite se résoudre s’ils sont bien analysés puis mis en place. Maintenant, s’il réussit quelque chose aux Mondiaux, c’est bien. Luca reste un skieur exceptionnel», analyse Didier Plaschy. 

Quant à la slalomeuse Elena Stoffel, convoquée de dernière minute, elle devra profiter des Mondiaux pour faire ce pas en avant. «C’est une travailleuse.  Mais par rapport à son année de naissance, elle occupe une position qui ne lui permet plus d’aborder l’échéance comme une petite fille.  Aujourd’hui, on est quand même en droit d’attendre des résultats de sa part», affirme Didier Plaschy, qui sait peut-être là où ça coince pour celle dont le meilleur résultat en Coupe du monde est une 18e place. «Elle se montre peut-être un peu trop appliquée. A un moment donné, il faut aborder les épreuves comme un jeu où il n’y a rien à perdre mais tout à gagner. Les résultats qu’elle a obtenus en Coupe d’Europe lui permettront de gagner une vingtaine de places dans les dossards à Are. C’est le bon moment pour effectuer un pas en avant.»

par Gregory Cassaz