Crans-Montana déroulera le tapis rouge à la Fête fédérale de la musique populaire en 2019

Crans-Montana débloque 2,4 millions de francs pour accueillir la Fête fédérale de la musique populaire en 2019. Un investissement à la hauteur de la visibilité attendue pour la station et le canton.

20 nov. 2018, 12:15
/ Màj. le 20 nov. 2018 à 18:00
A Aarau, la Fête fédérale de musique populaire avait drainé 100 000 amateurs du genre en 2015.

«La Fête fédérale de la musique populaire s’invite pour la première fois à la montagne.» Président du comité d’organisation, Jean-Michel Cina était tout sourire mardi matin lors de la présentation publique de la manifestation qui battra son plein du 19 au 22 septembre 2019 à Crans-Montana. Il faut dire que l’événement, chapeauté par l’Association suisse de la musique populaire (ASMP), est de taille, rien moins que le plus grand du genre en Suisse. Il y a quatre ans à Aarau, 100 000 amateurs de schwytzoise (l’accordéon typique des ensembles folkloriques) s’étaient retrouvés. Plus modeste, Crans-Montana table sur la venue de quelque 80’000 personnes. 

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Jean-Michel Cina en ambassadeur

C’est un fait, la musique populaire soulève moins les foules de ce côté-ci de la Sarine. Pas de quoi décourager l’ancien conseiller d’Etat PDC. «C’est un défi de la promouvoir en Suisse romande. C’est la deuxième fois que le Valais est hôte. À Martigny en 1987, on avait un lien assez naturel avec le FIFO. À Montana, on va aussi programmer des ensembles internationaux», détaille celui qui préside aujourd’hui la SSR, l’un des principaux partenaires média. Mais n’y voyez pas de lien direct entre ces différentes casquettes. Elles sont bien distinctes pour Jean-Michel Cina qui dit avoir été sollicité par des amis. 

Une manière aussi pour lui de montrer son attachement à la destination qu’il fréquente été comme hiver. «Après la politique, c’est une façon plus concrète de m’engager pour le rayonnement du canton», ajoute l’ex-parlementaire fédéral, très fier du slogan de la fête «Ainsi résonne le cœur de la Suisse» qui paraphrase le «Valais, gravé dans mon cœur» de Valais/Wallis Promotion

Une belle carte de visite

Car l’enjeu dépasse le simple cadre musical. Le Haut-Plateau, qui s’est porté volontaire à l’organisation de cette 13e édition, compte se profiler touristiquement. «C’est l’occasion d’attirer une nouvelle clientèle au cœur de l’automne, une saison qui a beaucoup de potentiel, et de la fidéliser», commente Bruno Huggler, directeur de Crans-Montana Tourisme et de la fête fédérale 2019. 

 

Le budget n’est pas encore bouclé mais il sera équilibré.
Bruno Huggler, directeur de la fête fédérale 2019 et de Crans-Montana Tourisme


Si les retombées directes de l’événement sont difficilement chiffrables, le coup de projecteur est lui unique. De quoi gonfler le moral des organisateurs qui ont ficelé un budget de 2,4 millions de francs. «Il n’est pas encore bouclé mais il sera équilibré», assure le dirigeant qui veut mettre en valeur le Swissness - la Suissitude – durant les quatre jours de fête avec des concerts délocalisés notamment sur les alpages et dans les vignobles de la région. 

1500 musiciens venus de tout le pays devraient s’y produire avec comme point d’orgue le grand cortège du dimanche diffusé en direct et auquel assistera le conseiller fédéral Alain Berset. «Et peut-être aussi une autre politicienne plus connue ici», s’est amusé Bruno Huggler en référence à Viola Amherd, en bonne position pour succéder à Doris Leuthard sous la coupole.

Tradition et innovation

Le Valais sera également représenté avec quelques ensembles majoritairement haut-valaisans. «Il n’y a pas la même tradition dans la partie francophone. C’est plus difficile d’intéresser les jeunes», explique Gilbert Rossmann, délégué de l’Association suisse de musique populaire Valais romand et membre du comité, qui joue lui-même de la schwytzoise à Sierre. «Mais la fête pourra servir de catalyseur», espère-t-il.

 

 

Car l’ASMP en est convaincue: la musique populaire n’est pas un concept figé et doit s’ouvrir à la création. Sa présidente Ursula Haller milite en ce sens, capitalisant sur son parcours de conseillère nationale à Berne où elle a côtoyé un certain Jean-Michel Cina. La relève fait partie des préoccupations de l’association et elle figurera à cet égard en bonne place à Crans-Montana avec une scène dédiée le samedi. 

Tout est prêt pour que la fête soit belle en 2019. L’espace d’une matinée, la station du Haut-Plateau a pu oublier les démêlés de «l’affaire CMA». «À Crans-Montana Tourisme, on s’occupe de marketing. Notre priorité, c’est le client et notre rôle est de lui faire plaisir. Ce genre de manifestation y contribue», précise Bruno Huggler. Et Jean-Michel Cina d’enchaîner: «Les mauvaises nouvelles font souvent les gros titres. C’est tout aussi important de promouvoir ce qui fonctionne en Valais».

L’une des cinq fêtes fédérales du pays
La première Fête fédérale de la musique populaire s’est déroulée en 1971 à Sargans dans le canton de Saint-Gall. Depuis, elle a lieu tous les quatre ans dans l’une ou l’autre région de Suisse. Après Coire en 2011 et Aarau en 2015, la manifestation revient en Suisse romande (Crans-Montana). Pour une 13e édition qui gagnera les hauteurs, une première. Vitrine de l’Association suisse de musique populaire (ASMP) fondée en 1963, elle est l’une des cinq fêtes fédérales suisses aux côtés de la Fête fédérale de lutte, celle de tir, celle de yodel et celle de gymnastique. Et le plus grand événement de musique folklorique du pays.

 

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www.cransmontana2019.ch