Entre Doris Leuthard et le Valais, la liaison est rétablie sur toute une série de dossiers

La conseillère fédérale avait rendez-vous jeudi à Sion avec le Conseil d’Etat pour discuter des dossiers chauds. L’occasion de faire la démonstration d’une relation entre Berne et le Valais de nouveau apaisée.
22 févr. 2018, 18:00
Doris Leuthard a fait le voyage de Sion jeudi, pour le plus grand plaisir du Conseil d'Etat.

Il n’y a qu’un dossier qui fâche qui n’a pas été abordé, c’est celui du loup et c’est parce que le temps manquait pour ce faire. Jeudi, Doris Leuthard a fait le voyage de Sion pour rencontrer le Conseil d’Etat valaisan in corpore et ainsi faire le point sur les grandes actualités qui lient le canton à Berne.

Les clashs passés

JO, Rhône 3, les lignes THT, le deuxième tube du Lötschberg, le développement de l’aéroport de Sion et la gestion des intempéries, sont autant de thèmes qui ont été abordés. En toute franchises et parfois lors de discussions « difficiles » comme l’a précisé la conseillère fédérale au sujet, par exemple, des redevances hydrauliques, une autre thématique qui a parfois tendu les relations entre les élus cantonaux et la ministre.

Si l’histoire d’amour entre Berne et le Valais a été menacée par de gros clashs comme la fameuse acceptation de la Lex Weber, la relation semble être à nouveau apaisée et ce malgré les frictions entre les intérêts cantonaux et fédéraux.

Le point sur les gros dossiers du moment.

 

 

Nous savions dès le départ que les coûts de Rhône 3 seraient importants

1. Rhône 3

Elle en est consciente, la facture de Rhône 3 sera salée. «Oui cela coûte de l’argent, mais il en coûtera encore davantage si l’on ne fait rien», a répondu la conseillère fédérale à la question de savoir si Berne était prête à passer à la caisse malgré les 3,4 milliards de francs affichés aujourd’hui au bas du devis. 
«Nous sommes en train d’étudier ces chiffres et nous n’avons pas encore de résultats. Mais ce que l’on peut affirmer, c’est que le travail a été fait sérieusement par les services du canton et le gouvernement», a assuré Doris Leuthard. «Nous savions dès le départ que les coûts seraient élevés. La Confédération va maintenant prendre position sur la deuxième étape des travaux et nous sommes conscients qu’il y a en aura encore une troisième.»

>> A lire aussi: les coûts de Rhône 3 atteignent 3,4 milliards de francs

 

2. Le Lötschberg

L’avenir qui attend le deuxième tube du Lötschberg n’est pas pas aussi radieux que le sourire de Doris Leuthard jeudi. La cheffe du Département des transports n’en fait pas mystère, le doublement du tunnel de base entre Berne et le Valais ne fera pas partie du programme de développement ferroviaire devisé à 11, 5 milliards. «Je connais l’intérêt du Valais pour ce projet, mais il n’est pas une priorité par rapport à d’autres tronçons où l’on connaît des embouteillages.» 

Devisé à 920 millions de francs, les travaux du Lötschberg ont peu de chance de passer la rampe du Conseil fédéral. La balle est désormais dans le camp du Parlement qui pourrait passer en force. «C’est un projet important, il va venir, mais la question est de savoir à quel moment.» 

>> A lire aussi: quelles chances pour le deuxième tube?

 

 

Un pays a besoin d'un projet tel que les Jeux Olympiques

3. JO 2026

Elle y croit. Au projet des JO 2026. «Un pays a besoin de projets tels que celui-ci», a déclaré Doris Leuthard. D’autant plus lorsqu’on le promet à taille humaine et durable, s’est réjouie la ministre de l’environnement. «C’est un projet qui touche différents cantons, mais pas toute la Suisse», a encore plaidé l’Argovienne pour expliquer pourquoi le Conseil fédéral a renoncé à une consultation populaire généralisée. «Ce sont les cantons concernés qui doivent voter s’ils le souhaitent, c’est cela la démocratie.» Pour rappel, c’est la conseillère nationale grisonne Silvia Semadeni (PS) qui avait déposé une motion au Conseil national pour exiger un vote national. Les chambres peuvent encore accepter ce texte bien que le Conseil fédéral vient de l’écarter.

>> A lire aussi: le Conseil fédéral ne veut pas d'un vote national

 

4. Ligne THT

Son avis personnel, elle «le garde pour la maison». Les fameuses lignes THT qui devraient bientôt piqueter le coteau de Chamoson à Chippis ne seront pas enterrées. Et ce n’est pas faute d’avoir prêté la plus grande attention au dossier. «J’ai été élue en décembre 2010 et en janvier 2011 j’étais déjà ici en Valais avec Jacques Melly pour examiner la situation sur le terrain», se souvient Doris Leuthard. Reste que… «le Tribunal fédéral a statué et a dit que les lignes seraient aériennes. Une telle décision est équivalente à un vote du peuple dans notre démocratie. Elle doit donc s’appliquer.» Et de faire remarquer que l’enterrement des lignes aurait aussi été dommageable pour le paysage. «Des couloirs défrichés au sol dans la plaine du Rhône, ce n’était peut-être pas une solution non plus.» 

>> A lire aussi: la ligne THT, ça ressemblera à ça

par Stéphanie Germanier,Sacha Bittel