LAT: Anniviers gèle 100 hectares de zones à bâtir

La commune d’Anniviers a décidé de réserver près de 100 hectares, dont 80 en zones à bâtir traditionnelles et 19 en zones touristiques.

24 août 2018, 09:56
/ Màj. le 24 août 2018 à 17:57
La commune d'Anniviers a décidé de geler près de 100 hectares de ses zones à bâtir.

L’annonce était à peine parue dans le «Bulletin officiel» vendredi matin que le téléphone de l’administration communale d’Anniviers se fait entendre. Il faut dire que la décision prise en début de semaine par le Conseil municipal est draconienne. «Compliquée mais nécessaire», résume son président David Melly.

A compter d’hier, 100 hectares de zones à bâtir, soit 1566 parcelles, sont gelées pour une durée de deux ans au moins. Une mesure rendue obligatoire par la loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LAT), acceptée par le peuple suisse en mars 2013. En Anniviers, sur les 100 hectares gelés, 80 sont des zones réservées traditionnelles et 19 des zones touristiques. 

Dix-neuf hectares pourraient être épargnés

«Nous avons en effet décidé de créer deux types de zones réservées», précise David Melly. Outil prévu par la loi cantonale d’application de la LAT, les zones touristiques ont pour but de préserver des surfaces constructibles permettant la création d’activités touristiques. «Dans le cas d’Anniviers, cela aurait un double avantage», ajoute le chef de l’exécutif.

En évitant le mitage du territoire, rendant plus favorable le développement d’infrastructures, ces zones confirment la vocation touristique de la vallée. «Elles apportent en effet une stabilité et une garantie qui redonnent confiance aux investisseurs», commente David Melly. Deuxième avantage, le changement d’affectation de ces surfaces. Les parcelles ne seraient plus des zones à bâtir mais des zones dédiées à l’exploitation touristique. Elles pourraient ainsi être sorties du surplus total de zones à bâtir. Dix-neuf hectares seraient donc épargnés du dézonage. 

Peu d’espoir pour les 80 autres hectares gelés

Pour les 80 hectares restants, l’espoir d’un changement d’affection est maigre. «Ces terrains se situent pour la plupart aux extrémités des villages», précise le président. «Il y a très peu de chances que ces parcelles ne soient pas dézonées.» Même constat pour les deux ou trois demandes de constructions déposées au bureau communal ces derniers mois.

Constructions qui ne pourront vraisemblablement jamais aboutir. «Si la commune n’avait pas pris cette mesure, les autorisations de construire auraient de toute manière été bloquées par le Tribunal cantonal. Malheureusement, les personnes concernées n’auront d’autres choix que de trouver un autre terrain. Désormais toutefois, la situation est claire.»

Dans l’attente d’un nouveau PAZ

Rien ne pourra donc être entrepris sur ces 100 hectares avant l’homologation d’un nouveau plan d’affectation des zones (PAZ). «Après la fusion d’Anniviers en 2011, nous avions travaillé sur un plan uniformisé à l’échelle des six anciennes communes de la vallée», se souvient David Melly. «Nous étions à bout touchant lors de l’entrée en vigueur de la LAT, ce qui a compliqué la finalisation du projet.»

Une première ébauche de ce nouveau PAZ devrait être présentée d’ici à trois ans. Dans l’intervalle, des séances d’informations seront données aux habitants lors de deux soirées prévues le 31 août à Zinal et le 3 septembre à Vissoie, ainsi qu’à l’occasion de l’assemblée primaire extraordinaire du 17 septembre prochain à Grimentz.