Yémen: 31 civils tués dans des raids aériens après le crash d’un avion de la coalition

Samedi, au moins 31 civils ont perdu la vie samedi dans des raids aériens, a annoncé l’ONU. La coalition, composée notamment de l’Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis, a annoncé le crash d’un de ses avions.

15 févr. 2020, 22:33
La coalition, dont les piliers sont l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, intervient depuis 2015 au Yémen pour soutenir le pouvoir face aux rebelles qui contrôlent toujours de vastes régions du pays.  (illustration)

Au moins 31 civils ont été tués samedi au Yémen dans des frappes de la coalition militaire sous commandement saoudien, a indiqué l’ONU. La coalition a fait état du crash d’un de ses avions de combat dans le pays en guerre.

Les rebelles au Yémen ont affirmé avoir abattu cet avion de combat saoudien de la coalition vendredi soir. «Selon des informations préliminaires sur le terrain, 31 civils ont été tués et 12 blessés dans des raids aériens dans la province d’Al-Jawf, le 15 février», a affirmé le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).

 

 

Le crash d’un avion de la coalition est rare depuis le début en 2014 du conflit au Yémen, déclenché après une offensive des rebelles Houthis qui se sont emparés de vastes pans du territoire dont la capitale Sanaa. Un appareil de type Tornado, appartenant aux forces saoudiennes, est tombé à 23h45 locales vendredi (21h45 en Suisse) dans la province de Jawf, a dit le porte-parole de la coalition, le Saoudien Turki al-Maliki, cité par l’agence saoudienne SPA.

Il n’a pas précisé les raisons du crash ni le sort de l’équipage. L’avion menait, selon lui, une mission de soutien aérien aux forces gouvernementales yéménites.

Frappes de la coalition

La coalition, dont les piliers sont l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, intervient depuis 2015 au Yémen pour soutenir le pouvoir face aux rebelles qui contrôlent toujours de vastes régions du nord et de l’ouest du pays, outre Sanaa.

Selon la chaîne de télévision al-Massirah, organe des rebelles, ces derniers ont «abattu un avion de type Tornado à l’aide d’un missile sol-air perfectionné». «Le ciel du Yémen n’est pas un espace pour se promener, l’ennemi doit beaucoup réfléchir» avant de s’y aventurer, a prévenu sur cette chaîne Yehya Saree, un porte-parole des Houthis.

Après le crash, Al-Massirah a fait état de frappes de la coalition samedi dans la région de Masloub, dans la province de Jawf, où des habitants se sont «rassemblés autour des débris de l’avion abattu». Selon elle, il y a eu «des dizaines de morts et blessés».

«Aide de l’Iran»

Sur son compte Twitter, le porte-parole des Houthis, Mohamed Abdelsalam, a affirmé que «la destruction de l’avion Tornado est un coup dur pour l’ennemi, et témoigne de l’importante amélioration des capacités de défense» des rebelles. Si la revendication des Houthis se confirme, cela signalerait le renforcement de l’arsenal des rebelles accusés de recevoir des armes de l’Iran chiite qui affirme les soutenir politiquement et non militairement.

«Au début du conflit, les Houthis était une milice hétéroclite qui se procurait les armes» dans le pays, a affirmé à l’AFP Fatima Abo Alasrar, une experte au Middle East Institute. «Aujourd’hui, ils ont massivement développé leur arsenal avec l’aide de l’Iran et du Hezbollah», un puissant mouvement armé libanais pro-iranien, a-t-elle dit.

Selon diverses organisations humanitaires, la guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils. Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d’assistance, selon l’ONU.