Un village transformé en cimetière par un glissement de terrain en Afghanistan

Les glissements de terrain survenus vendredi en Afghanistan auraient fait 2500 morts.

03 mai 2014, 20:21
Afghans search for survivors after a massive landslide landslide buried a village Friday, May 2, 2014 in Badakhshan province, northeastern Afghanistan, which Afghan and U.N. officials say left hundreds of dead and missing missing.(AP Photo/Ahmad Zubair)

Quelque trois cents personnes ont péri dans les glissements de terrain qui ont transformé un village du nord-est de l'Afghanistan en vaste "cimetière", ont annoncé samedi les autorités locales. Elles ont signalé la fin des opérations visant à retrouver d'éventuels survivants.

"Nous avons une liste de 300 morts confirmés", a déclaré à des journalistes Shah Waliullah Adeeb, le gouverneur du Badakhshan, où s'est produite la catastrophe, alors que la mission de l'ONU en Afghanistan (Unama) avait fait état vendredi soir d'au moins 350 morts. M. Adeeb lui-même avait dans un premier temps estimé que "2500 personnes pourraient avoir trouvé la mort".

Torrent de boue et de pierres

La catastrophe est survenue vendredi dans le district d'Argo de la province du Badakhshan, région pauvre et montagneuse frontalière du Tadjikistan, de la Chine et du Pakistan, et relativement épargnée par les violences des insurgés talibans.

A la suite de pluies torrentielles, un torrent de boue et de pierres a coulé le long d'une vallée encaissée, touchant principalement le village d'Aab Bareek où vivent plusieurs centaines de familles.

Proches abasourdis

Sur place, des centaines de personnes, abasourdies par l'étendue du désastre, erraient à proximité des ruines de leurs maisons, a constaté un correspondant de l'AFP.

"J'ai perdu ma soeur, ma maison a été partiellement détruite. Il est devenu quasiment impossible d'extraire les victimes des débris. Les gens ont décidé de prier et de faire de cet endroit un cimetière", a dit Noor Mohammad, 45 ans.

Toute la matinée, armées de pelles, des équipes de secours avaient creusé désespérément parmi les décombres de quelque 300 maisons détruites pour retrouver des victimes prises au piège, une tâche titanesque en raison des tonnes de terre et de pierres qui se sont abattues sur les fragiles habitations.

Mais les autorités locales ont signalé en milieu d'après-midi la fin des recherches. "Nous ne pouvons pas poursuivre les opérations de recherche et de sauvetage (d'éventuels survivants), les habitations étant ensevelies sous des mètres et des mètres de terre", a dit le gouverneur.

Au moins 4000 déplacés

Les glissements de terrain ont fait au moins 4000 déplacés, selon la mission de l'ONU, et leur prise en charge est désormais la priorité des autorités. "Il y a 700 familles qui ont un besoin urgent d'aide", a souligné le gouverneur.

Certaines d'entre elles ont pu trouver refuge dans un village voisin, où elles ont reçu des tentes et des couvertures, en nombre toutefois insuffisant. Une équipe du Programme alimentaire mondial (PAM) "s'est rendue sur place" pour distribuer des rations alimentaires, a déclaré à l'AFP Wahidullah Amani, un porte-parole de l'organisation.

Selon le vice-gouverneur, "le village a été frappé par deux glissements de terrain en l'espace d'une heure". Le premier a touché principalement "des villageois qui se trouvaient dans deux mosquées du village pour la prière du vendredi", le deuxième "frappant ceux qui étaient venus les secourir".

Deuil national et aide de l'UE

Réagissant à la catastrophe, le chef de l'Etat afghan Hamid Karzaï a exprimé "sa profonde tristesse" et indiqué que les drapeaux seraient mis en berne dimanche à l'occasion d'une journée de "deuil national" destinée à rendre hommage aux victimes, selon un communiqué de la présidence.

Exprimant leurs condoléances aux familles des victimes, la chef de la diplomatie Catherine Ashton et la commissaire européenne en charge de l'humanitaire, Kristalina Georgieva, ont dit "suivre de près la situation" en coordination avec les autorités afghanes, "alors que les informations sur l'ampleur de la catastrophe sont en train d'être rassemblées".

Condoléances suisses

De son côté, "profondément touché" par l'ampleur de ces glissements de terrain, le chef du DFAE Didier Burkhalter a adressé dans un communiqué ses "sincères condoléances" aux victimes, disant espérer "qu’il y ait encore par miracle des survivants.“

Le reportage de BFMTV