Ukraine: une sortie de crise annoncée à Genève

La Russie a annoncé jeudi à Genève un accord avec les Etats-Unis, l'Union européenne et l'Ukraine pour une sortie de crise. Le document prévoit le désarmement des groupes armés illégaux et l'évacuation des bâtiments occupés.
17 avr. 2014, 19:55
Le ministre des Affaires étrangères russe Sergei Lavrov a incité le régime syrien de Bachar al-Assad de tout mettre en oeuvre pour résoudre le conflit avec l'opposition.

Les participants aux pourparlers de Genève ont lancé jeudi un appel à l'arrêt immédiat des violences en Ukraine. Un accord sur les étapes d'une désescalade de la crise a été trouvé entre les ministres des Affaires étrangères ukrainien, russe, américain et européen.

"Toutes les parties doivent s'abstenir d'actions violentes, d'actes d'intimidation ou d'actions provocatrices", souligne leur déclaration commune. "Tous les groupes armés illégaux doivent être désarmés; tous les bâtiments occupés illégalement doivent être restitués à leurs propriétaires légitimes", ajoute ce texte.

Ces négociations ont réuni le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, son homologue ukrainien, Andrii Dechtchitsia, ainsi que le secrétaire d'Etat américain John Kerry et Catherine Ashton, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne. Tous quatre ont convenu de poursuivre les discussions dans des cadres différents, a signalé M. Lavrov.

Amnistie évoquée

Lors d'une conférence de presse, le ministre russe des Affaires étrangères a aussi précisé que cet accord prévoit une amnistie pour ceux qui respecteront les dispositions de l'accord. Sauf "ceux qui sont coupables de crimes capitaux".

Le chef de la diplomatie russe a également souligné: "Nous n'avons aucune espèce de désir d'envoyer des troupes en Ukraine. Cela serait contre nos intérêts fondamentaux".

Dialogue national

Il a aussi souhaité l'ouverture immédiate d'un vaste dialogue national en Ukraine. Il a préconisé des réformes de décentralisation dans le pays, une plus grande autonomie pour les régions.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, tout en se félicitant de la conclusion de l'accord, a mis en garde Moscou. "Si nous ne voyons pas de progrès, alors nous n'aurons pas d'autre choix que d'imposer plus de sanctions", a-t-il dit. Et de souligner: "Nous n'avons pas abandonné la Crimée".

"Rôle dirigeant" pour l'OSCE

La diplomate en chef de l'Union européenne Catherine Ashton a précisé que l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) "doit jouer un rôle dirigeant" dans l'application de l'accord. Celui-ci prévoit que les Etats-Unis, l'UE et la Russie sont prêts à fournir des observateurs.

Le texte adopté à Genève déclare aussi que le processus constitutionnel annoncé par le gouvernement transitoire ukrainien sera "transparent", "avec l'établissement d'un large dialogue national, pour inclure toutes les régions ukrainiennes et toutes les entités politiques".

Réaction à Berne

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) se félicite de l'accord obtenu à Genève qui donne un rôle accru à la mission d'observation de l'OSCE en Ukraine.

Dans un communiqué, il dit être disposé à mettre à disposition des observateurs supplémentaires afin de contribuer à renforcer la mission et lui permettre d'accomplir les tâches supplémentaires qui lui seront confiées. La Suisse exerce actuellement la présidence de l'OSCE.