Ukraine - OSCE: des négociateurs à Slaviansk pour libérer les observateurs

Huit observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et plusieurs officiers ukrainiens sont retenus depuis vendredi dans Slaviansk, bastion des séparatistes. Une équipe de négociateurs de l'OSCE est en route pour tenter d'obtenir leur libération.
26 avr. 2014, 19:18
epa04179670 A Pro-Russian protester is seen near a barricade during a rally in front of the occupied regional administration building, in Slaviansk, Ukraine, 25 April 2014. US President Barack Obama and European leaders planned to discuss tougher sanctions against Russia on 25 April, as the West stepped up efforts to head off the Ukraine crisis. The crisis escalated 24 April when government troops overran roadblocks erected by pro-Russian insurgents near the city of Sloviansk, killing at least five people.  EPA/IGOR KOVALENKO

Une équipe de négociateurs de l'OSCE est en route vers l'est de l'Ukraine pour tenter d'obtenir la libération des observateurs détenus à Slaviansk, a-t-on appris samedi de source gouvernementale allemande. Sur le plan des sanctions, une réunion est prévue lundi à Bruxelles pour prendre de nouvelles mesures contre Moscou.

Accusés par les insurgés qui les retenaient d'être des "espions de l'OTAN", huit observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (quatre Allemands, un Tchèque, un Danois, un Polonais et un Suédois) et plusieurs officiers ukrainiens qui les accompagnaient sont retenus depuis vendredi par des séparatistes pro-Russes.

A Berne, le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) a souligné qu'il s'agissait experts militaires procédant à des inspections. Ils font partie d'une mission de l'OSCE demandée par Kiev qui vise à renforcer "les mesures de confiance et de sécurité" entre l'Ukraine et la Russie, selon l'accord de Vienne.

Le président de l’OSCE Didier Burkhalter suit la situation de près. Il s'est entretenu samedi avec le ministre allemand des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier et son homologue russe Sergueï Lavrov.

Echange de prisonniers

"La junte au pouvoir à Kiev détient nos camarades, par conséquent, si c'est possible, nous sommes prêts à un échange", a expliqué à Slaviansk Viatcheslav Ponomariov, maire de facto de la ville. Il s'est dit disposé à s'entretenir avec l'équipe de négociateurs de l'OSCE.

L'organisation a pour sa part annoncé qu'elle était en contact avec toutes les parties concernées, mais qu'aucun contact direct n'avait pu être établi avec les observateurs. A Berlin, le gouvernement allemand a réclamé que tout soit entrepris pour obtenir leur libération.

"Nous pensons que ces personnes doivent être relâchées dès que possible", a répondu le représentant russe auprès de l'OSCE Andreï Kelin. "En tant que membre de l'OSCE, la Russie prendra toutes les mesures possibles dans cette affaire", a-t-il assuré.

M. Kelin a néanmoins estimé que les autorités de Kiev, qui avaient invité la mission, étaient responsables de cette affaire.

M. Iatseniouk au Vatican

De son côté, le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk en visite à Rome a estimé que cette séquestration "est une nouvelle preuve que ces soi-disant manifestants pacifistes avec des idées pro-Russes sont en fait des terroristes. C'est incroyable et inacceptable".

Arseni Iatseniouk était en Italie notamment pour rencontrer le pape François, qui lui a dit vouloir "faire tout son possible" pour favoriser la paix en Ukraine et lui a offert un stylo en disant: "J'espère qu'avec ce stylo vous écrirez la paix". "Je l'espère aussi", a répondu M. Iatseniouk, qui a ensuite écourté son voyage pour rentrer à Kiev.

Sanctions de l'UE et du G7

A Bruxelles, des diplomates des 28 se rencontreront lundi afin de discuter de nouvelles sanctions contre Moscou sur la crise en Ukraine, ont indiqué samedi plusieurs sources au sein de l'Union européenne.

Les ambassadeurs des Etats membres "vont se réunir lundi 28 avril en vue d'adopter une liste supplémentaire de sanctions de phase 2", comme le gel d'actifs et des interdictions de voyage, a indiqué un responsable de l'UE sous couvert d'anonymat.

Et le G7 a décidé d'intensifier les sanctions ciblées contre Moscou, avec un volet américain susceptible d'intervenir lui aussi dès lundi.

Manoeuvres militaires

Au moment où la Russie mène "des manoeuvres menaçantes", selon les Occidentaux, à la frontière est de l'Ukraine, des avions russes ont violé l'espace aérien ukrainien "plusieurs fois" et "dans le seul but de pousser l'Ukraine à déclencher une guerre", a affirmé samedi le Premier ministre ukrainien. Moscou a nié toute violation de l'espace aérien de son voisin.

Une compagnie de 150 hommes de la 173e brigade aéroportée de l'armée américaine est par ailleurs arrivée en Lituani, où elle a été accueillie samedi matin à la base aérienne de Siauliai (nord). Les soldats américains y seront stationnés au moins jusqu'à la fin de l'année.