RDC: deux places fortes rebelles prises, un Casque bleu tanzanien tué

L'armée congolaise contrôle depuis dimanche deux places fortes de la rébellion du M23, à Kiwanja et Rutshuru, dans l'est de la République démocratique du Congo.
27 oct. 2013, 19:41
Des Congolais des FARDC (Forces Armées de la Republique Democratique du Congo) à Goma.

L'armée congolaise a pris dimanche deux places fortes de la rébellion du M23, à Kiwanja et Rutshuru, dans l'est de la République démocratique du Congo. Au cours de ces violents combats, un Casque bleu tanzanien a été tué.

Deux fronts ont été ouverts dans l'instable et riche province du Nord-Kivu, le premier vendredi, le second samedi. Les combats se poursuivaient dimanche sur un terrain accidenté entre l'armée congolaise et le Mouvement du 23 mars (M23), qui reculait, selon les autorités congolaises et l'ONU.

Le front ouvert samedi se situe dans les environs de Kiwanja, à environ 80 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu. La Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco), chargée de la protection des civils et qui appuie l'armée sur le terrain, dispose d'une importante base à Kiwanja, où de nombreux déplacés ont trouvé refuge.

Casque bleu tué

"La Monusco y est à présent déployée, en lien avec les FARDC" (Forces armées de RDC)", a déclaré dimanche matin un officier de la Monusco, sans plus de précision. Mais un lieutenant tanzanien de la brigade d'intervention de l'ONU a été abattu pendant le déploiement de la brigade avec l'armée à Kiwanja, a-t-il ajouté.

"Un Casque bleu est mort ce dimanche suite aux combats contre le M23", indique un communiqué de la Monusco, sans préciser la nationalité de la victime. "Je suis très indigné par cette information tragique. Ce soldat est mort alors qu'il protégeait la population civile de Kiwanja", a déclaré le chef de la Mission, Martin Kobler.

Dans un communiqué, le M23 a annoncé son départ de Kiwanja "sans combat" et a menacé de quitter les pourparlers de paix de Kampala si la médiation du dialogue n'obtenait pas une "cessation immédiate des hostilités". Auquel cas, il promet d'organiser une "contre-offensive de grande envergure contre toutes les positions ennemies".

Prise de Rutshuru

En fin d'après-midi, alors que des affrontements se poursuivaient aux alentours de Kiwanja, les FARDC ont conquis Rutshuru Centre, chef lieu de la région de Rutshuru, quelques km plus loin. "Rutshuru vient de tomber entre les mains des FARDC. Il y a eu quelques combats mais ils (les rebelles) ont fui", a déclaré le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku.

Quant au premier front ouvert vendredi, à Kibumba près de la frontière rwandaise, à environ 25 km au nord de Goma, le gouverneur provincial a annoncé "l'existence de deux fosses communes". Il a réclamé une "enquête internationale pour aller établir les responsabilités et le contenu avec des spécialistes".

Entre deux feux

Pensant la localité sous contrôle de l'armée, plusieurs centaines de personnes réfugiées dans le parc des Virunga sont sorties dimanche matin pour regagner leur domicile, avant de se retrouver prises entre deux feux. "A la demande des FARDC", la Monusco a créé un "corridor humanitaire" pour "évacuer" les déplacés, a souligné l'officier de la Monusco.

En fin d'après-midi, la situation restait tendue. "Le M23 résiste sur une colline à la frontière avec le Rwanda", a expliqué l'officier supérieur de l'armée. L'intensité des combats a redoublé, selon un défenseur des droits de l'Homme originaire de Kibumba et qui a fui à Kabagana, localité frontalière avec le Rwanda. D'après lui, les habitants restent terrés chez eux.

Rwanda accusé

Samedi, un officier des FARDC avait affirmé que le Rwanda appuyait le M23. "Il y a des tirs qui viennent très ouvertement du territoire rwandais depuis hier", a quant à lui affirmé dimanche le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. Le porte-parole de l'armée rwandaise, le général Joseph Nzabamwita, a qualifié de "fausse rumeur" ces accusations.

Issu d'une mutinerie d'anciens rebelles intégrés dans l'armée congolaise, le M23 est actif depuis 2012. Des experts de l'ONU accusent régulièrement le Rwanda et l'Ouganda voisins de soutenir la rébellion. Le 21 septembre, les pourparlers de paix en cours avaient été suspendus entre M23 et pouvoir central, faisant craindre une nouvelle flambée de violence au Nord-Kivu.