Mission Exomars: la sonde russo-européenne TGO est en orbite autour de Mars, pas de nouvelles du sol

Mercredi, l'Agence Spatiale Européenne a réussi le périlleux exercice de poser une sonde sur Mars. Après 7 mois de périple, l'atterrisseur Schiaparelli a foulé la planète rouge en fin d'après-midi, mais il n'a pas donné de nouvelles depuis. Jusque là, seuls les Américains y sont parvenu avec succès. Le premier signal est venu de la sonde TGO qui s'est correctement mise en orbite autour Mars. L'objectif est de préparer l'arrivée d'un rover sur la Planète Rouge en 2020.
19 oct. 2016, 17:12
/ Màj. le 19 oct. 2016 à 20:45
La sonde européano-russe TGO voyage vers la planète Mars depuis 7 mois.

Mercredi en fin d'après-midi, l'atterrisseur Schiaparelli a atterri sur la planète rouge, comme l'a rapporté l'ESA sur son compte Twitter.

Durant de longues heures, les scientifiques ont attendu un signal de Schiaparelli. En vain. Peu après 18 h 30, le satellite TGO, qui est en orbite autour de la Planète Rouge, a émis ce signal, provoquant des cris de joie dans le centre de contrôle de l'Agence spatiale européenne à Darmstadt, en Allemagne. Son rôle sera d'analyser l'atmosphère martienne. 

 

Peu après 20 h 30, l'orbite de TGO a été confirmée. Une partie importante de la mission est donc réussie:

 

Quant à l'atterrisseur Schiaparelli, il doit lui aussi confirmer qu'il s'est posé correctement et qu'il est opérationnel. "Il est clair que les signes ne sont pas bons, mais nous avons besoin de plus d'informations", a dit Paolo Ferri, chef de la division des Opérations à l'ESA. La durée de "vie" de Schiaparelli n'est que de quelques jours, le module de 577 kilos étant équipé d'une batterie non rechargeable.

Un défi technologique

Atterrir sur Mars est un défi technologique pour l'Europe qui veut prouver qu'elle maîtrise cet exercice difficile. Jusqu'à présent, seuls les Américains ont réussi à poser sur Mars des engins qui sont parvenus à fonctionner.

 

 

C'est la deuxième fois que l'Europe cherche à atterrir sur Mars. Il y a treize ans, la sonde européenne Mars Express avait largué un mini-atterrisseur Beagle 2, de conception britannique, qui n'a jamais donné signe de vie. Mais on sait depuis 2015 qu'il a effectivement atterri.

 

 

Mission ambitieuse

Le grand saut de Schiaparelli est la première étape d'ExoMars, une ambitieuse mission scientifique européano-russe en deux volets, qui vise à rechercher des indices d'une vie actuelle et passée sur Mars.

 

 

La sonde TGO sera chargée de "renifler" l'atmosphère martienne pour détecter des gaz à l'état de traces comme le méthane qui pourrait indiquer la présence d'une forme de vie actuelle sur la planète. Elle se mettra à ce travail début 2018. TGO doit aussi servir de relais de communication notamment pour les rovers américains présents actuellement sur Mars.

 

Cette sonde est munie qu'une caméra haute définition fournie par la Suisse. Selon Nicolas Thomas, scientifique de l'Université de Berne en charge de cet instrument, la caméra peut distinguer avec précision et en couleur des objets de la taille d'une voiture situés à 100 kilomètres de distance.

par Mouna Hussain