Les officiers sceptiques sur le projet de réforme de l'armée

La Société suisse des officiers n'est pas emballée par le projet de réforme de l'armée présenté par le Conseil fédéral. Le financement, les effectifs et les missions de l'armée posent problème.
17 oct. 2013, 11:07
C'est la deuxième rentrée de l'année pour l'armée suisse.

A l'instar de plusieurs milieux proches du monde militaire, les officiers se montrent mitigés envers le projet de réforme de l'armée du Conseil fédéral. Selon eux, le financement, l'effectif et la mission même de l'armée sont problématiques et nécessitent d'être corrigés.

De manière générale, la Société suisse des officiers (SSO) estime douteux de lancer ce projet intitulé "Développement de l'armée" (DEVA) alors que le gouvernement et le Parlement ne se sont pas encore mis d'accord sur le financement de celle-ci dès 2016, l'exécutif tablant sur 4,7 milliards et les Chambres fédérales sur 5 milliards de francs.

Pour les officiers, il est absolument clair que 5 milliards par an constituent un seuil en dessous duquel il n'est pas question d'aller, ont-ils fait savoir jeudi, lors d'une conférence de presse à Berne, alors que la consultation prenait fin.

"A moyen et long terme, soit 2020, le financement de l'armée doit se calculer sur la base de 1% du PIB, sans quoi le rapport entre le fonctionnement et l'investissement ne pourra pas atteindre l'équilibre", écrit la SSO dans un communiqué. En outre, s'il n'y a pas d'augmentation de ce montant, la modernisation des équipements sera impossible.

120'000 hommes

D'autres points mécontentent les officiers. L'armée devrait pouvoir compter sur un "effectif cible" de 120'000 hommes, tout en se réservant une flexibilité en fonction de la menace. Le nombre de militaires pourrait ainsi baisser à un minimum de 100'000 sans devoir changer pour autant la loi. La réforme prévoit une armée à 100'000 personnes.

La SSO milite aussi pour des cours de répétition de trois semaines et non deux, tout en assurant une certaine flexibilité. Il s'agit aussi de mieux reconnaître les compétences acquises sous les drapeaux afin que les Suisses se rendent compte des avantages qu'ils pourraient en retirer. D'autres points plus techniques, liés à la composition de la milice, sont également mentionnés.

Souveraineté et indépendance

Pour les officiers, ces demandes doivent garantir le rôle premier de l'armée qui est d'assurer la souveraineté et l'indépendance du pays. L'armée doit en conséquence être capable de réagir en tout temps sur terre, dans les airs et dans le cyber-espace, un ordre de priorités que l'on ne trouve pas dans le projet de réforme, déplore la SSO.

La communauté de travail pour une armée de milice efficace et assurant la paix (CMEP), une organisation réunissant les milieux intéressés aux questions militaires, est sur la même longueur d'onde que les officiers. Pour elle, l'armée devrait même disposer de 5,4 milliards de francs et d'au moins 120'000 si ce n'est 200'000 hommes, comme aujourd'hui, a-t-elle communiqué.