Les Etats-Unis renoncent à des missions vers Mars avec l'Europe

L'administration américaine a mis fin à son partenariat d'exploration robotique de Mars avec les Européens dans son projet de budget pour 2013 soumis hier au Congrès. Cette décision a semé la consternation dans les milieux scientifiques.

14 févr. 2012, 06:45
fusee_vega

«Des choix difficiles sont nécessaires ce qui signifie que nous ne poursuivons pas le projet des missions ExoMars en 2016 et 2018 avec l'Agence spatiale européenne», a déclaré en conférence de presse le patron de la Nasa, Charles Bolden, commentant le projet de budget 2013 dévoilé quelques heures avant.

Le projet prévoyait deux volets: l'envoi en 2016 d'un appareil expérimental, qui procédera à des prélèvements dans l'atmosphère de Mars lors de sa descente vers la "planète rouge".

La deuxième mission consiste à envoyer en 2018 de deux robots, l'un européen, l'autre américain, destinés à effectuer des prélèvements du sol martien en vue de ramener des échantillons vers la Terre dans le cadre d'un autre programme à définir. L'objectif est de déterminer si la vie a pu exister sur Mars.

Budget amputé d'un tiers pour Mars

La Maison Blanche propose de réduire le budget consacré à l'exploration robotique de la planète rouge de 38,5% (226 millions de dollars en moins) par rapport à 2012 pour le ramener à 361 millions de dollars, éliminant de facto les fonds prévus l'an prochain pour ExoMars.

"C'est une tragédie pour le milieu scientifique", a réagi le professeur d'astronomie Scott Hubbard de l'Université de Stanford (Californie, ouest) et ancien haut responsable du programme d'exploration de Mars de la Nasa.

"Je pense aussi que c'est embarrassant pour le pays", a-t-il dit à l'AFP, soulignant que "la Nasa met fin à l'un de ses programmes les plus fructueux de la décennie".

Pour l'astronome Louis Friedman, ancien responsable de la Nasa et membre de la Planetary Society, une association d'astronomes et de planétologues de renom, "le problème n'est pas l'argent dont dispose l'agence mais le fait de le dépenser notamment à travers le programme du nouveau lanceur lourd dont personne n'a besoin".