La prévention santé à l'école valaisanne, une priorité

Les écoles valaisannes se sont dotés d'un programme de prévention pour les jeunes, que ce soit en "climat scolaire", prophylaxie dentaire, éducation routière, santé scolaire et éducation sexuelle. Tour d'horizon.

11 oct. 2012, 07:01
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Tout au long de leur scolarité, écoliers et étudiants du canton du Valais bénéficient d'un programme de prévention et de promotion de la santé touchant tous les aspects de leurs réalités. Cette aide à un parcours harmonieux de leur vie d'enfant, d'adolescent et de futur adulte repose sur trois types de modules, présentés par les enseignants ou en collaboration avec des organismes spécialisés.

Le premier module intitulé "Climat scolaire" est prioritaire. Il s'agit d'"établir un climat de travail et de vie en classe favorable à l'apprentissage et au développement de l'enfant".

Viennent ensuite quatre modules institutionnalisés: prophylaxie dentaire, éducation routière, santé scolaire et éducation sexuelle. Les enseignants peuvent compléter ce programme en choisissant des thèmes "recommandés" tels qu'alimentation, consommation à risques et addictions, maltraitance, sport et mouvement, internet, mort et deuil, droits de l'enfant, prévention des accidents, développement durable,...

Comme l'a noté le conseiller d'Etat Claude Roch, chef du Département de l'éducation, de la culture et du sport: "L'éducation sociale et la promotion de la santé ont pour but de venir en aide aux projets de centres (...)

Plutôt qu'imposer des directives cantonales figées, il nous semble plus judicieux que les pédagogues puissent, dans un certain cadre (modules prioritaires et institutionnalisés), être libres d'organiser des activités particulières en lien direct avec la population touchée (qui n'est pas toujours concernée par les mêmes problématiques en ville que dans un village par exemple), avec les compétences et les intérêts personnels de certains enseignants ou personnes ressources de la région ou encore avec le vécu particulier d'un établissement scolaire, d'une classe (intégration d'une personne étrangère, handicapée, décès, problèmes d'incivilité,...).

Mme Danièle Tissonnier, collaboratrice pédagogique au Service de l'enseignement du canton du Valais, explique: "Le programme de prévention est similaire dans le Bas et dans le Haut-Valais, Il s'adresse à tous les élèves de 4 à 19 ans.

Pourquoi un module prioritaire?

Il s'agit du climat scolaire car il se vérifie comme le terreau dans lequel fonctionne l'enseignement. Une ambiance favorable et des antennes sensibles et empathiques de la part des maîtres sont indispensables pour pouvoir enseigner. Un thème que l'on peut prendre comme fil rouge pour l'année scolaire et dont on peut parler tout au long de la scolarité.

Concrètement, comment se déroulent les modules d'éducation de base?

Durant les années de scolarité, des visites obligatoires par le dentiste scolaire sont organisées. Il y a l'apprentissage des gestes de base assurant une bonne hygiène dentaire ainsi que le dépistage.

L'éducation routière et la sécurité sont des cours donnés par les enseignants et par les polices municipales en collaboration avec la police cantonale. Il s'agit de former les jeunes à des comportements adéquats dans la circulation. La santé scolaire est assurée par le médecin et les infirmières scolaires. Les contrôles de la santé sont réguliers.

En plus du dépistage des maladies et de la vaccination, les acteurs de la santé scolaire recueillent des données en termes de statistiques qui permettent une prévention fiable.

Le programme de l'éducation sexuelle et la prévention SIDA (cycle d'orientation) est défini par le département, en collaboration avec les professionnels de l'intervention en santé sexuelle (centre SIPE).

Il y a enfin les modules qui ne sont pas obligatoires mais suggérés...

L'idéal serait de faire l'ensemble de ce programme sur quelques années. Les addictions, ainsi que les nouveaux médias avec l'internet, sont évidemment des sujets de société contemporains qui intéressent le plus grand nombre.

Quels sont les échos que vous avez de ce type de prévention?

Pas de bilans officiels, mais nous avons des informations indirectes lorsque les intervenants font le point de leur action. Le nouveau plan d'études inclut dans le mandat dévolu aux enseignants des éléments de prévention. Dès lors, durant toute la scolarité obligatoire, le professeur est censé aborder toutes ces thématiques.

Comment traitez-vous un thème comme "Mort et deuil"?

C'est très souvent un module qui est lié à une situation concrète. Soit parce qu'un élève a perdu un proche, soit en cas de décès d'un camarade. Il s'agit de moments très délicats et il faut pouvoir faire appel à des aides extérieures. Soit pour préparer et soutenir les enseignants soit pour une intervention en direct qui se fait en classe.

Comment réagit le corps enseignant à ce programme de prévention?

Il y a toutes les réactions. Il y a des convaincus qui estiment que ces modules font partie de leur mission, en particulier ce qui touche au climat dans la classe. D'autres traitent de ces problématiques sans en avoir pleinement conscience, en réagissant "juste" au moment des événements de la vie de classe.

Et enfin certains n'ont pas vraiment cette sensibilité et pensent que ça fait beaucoup de charges. Ils estiment que l'école ne peut pas toujours tout faire, qu'il y a un risque de survol...

Quel temps est accordé à la prévention?

Il y a à disposition dans le programme d'enseignement au maximum deux semaines pour traiter des thèmes ou activités qui sortent du cadre purement scolaire. Mais si les modules sont intégrés dans le programme d'études, il est très difficile d'estimer le temps.

Et la capacité de réaction à l'actualité?

Il est indispensable de réagir aux événements et de répondre au fur et à mesure que les problèmes se posent. Au secondaire 1 et 2, il y a des médiateurs dont la mission prioritaire est l'écoute et l'aide aux élèves.

Comment se situe le Valais au niveau romand en matière de programme de prévention à l'école?

Les structures sont très différentes d'un canton à l'autre. Certains ont beaucoup de personnel lié à ces missions mais ce qui ne veut pas dire qu'ils font beaucoup plus... En Valais, nous tenons à privilégier la proximité et à mettre en avant, pragmatiquement, la connaissance qu'ont les enseignants de leurs élèves. On aimerait bien sûr faire toujours mieux.

On débute la mise en place d'un réseau valaisan des écoles en santé. Il s'agit notamment de partager les bonnes idées, de fixer des objectifs à trois ans pour mieux structurer les projets d'établissement et prendre conscience des besoins. D'autant plus que les thématiques évoluent vite.