La Grande-Bretagne déterminée à extrader Julian Assange

La Grande-Bretagne est déterminée à extrader Julian Assange vers la Suède.

15 août 2012, 07:31
Julien Assange a demandé l'asile politique en Equateur pour éviter une extradition en Suède.

La Grande-Bretagne a envoyé un message clair à l'Equateur, qui héberge  dans son ambassade à Londres. Les autorités britanniques sont déterminées à extrader le fondateur de WikiLeaks vers la Suéde.

L'Australien de 41 ans, dont la Suède exige l'extradition pour l'interroger sur des agressions sexuelles présumées qu'il nie avoir commises, est retranché au sein de la mission équatorienne depuis huit semaines.
 
Il y a trouvé refuge après l'échec de sa longue bataille judiciaire pour éviter cette extradition.
 
"Le Royaume-Uni a une obligation légale d'extrader M. Assange vers la Suède. Nous sommes déterminés à remplir cette obligation", a déclaré le Foreign Office après que le président de l'Equateur, Rafael Correa, a annoncé lundi qu'il espérait rendre publique cette semaine sa décision concernant la demande d'asile de Julian Assange.
 
Le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patiño, a cependant annoncé mardi que son pays réfléchissait non seulement à la possibilité d'accorder l'asile à Julian Assange, mais aussi à la manière dont le fondateur de WikiLeaks pourrait échapper à une arrestation au Royaume-Uni s'il devait se rendre en Amérique du Sud.
 
"Au-delà des traités internationaux, du droit d'asile et de l'autonomie ou de la souveraineté dont le gouvernement national dispose pour prendre une décision de cette nature, nous devons envisager ce qui se passera après", a déclaré M. Patiño.
 
"Il ne s'agit pas seulement de savoir s'il faut accorder l'asile (ou non), car pour que M. Assange puisse quitter l'Angleterre, il faut qu'il ait un laissez-passer du (gouvernement) britannique. Est-ce que ce sera possible? C'est un problème que nous devons prendre en compte", a-t-il ajouté.
 
Laissez-passer nécessaire
 
L'ancien "pirate informatique", devenu célèbre en 2010 lorsque WikiLeaks a publié des milliers de câbles diplomatiques américains confidentiels, est au coeur d'un imbroglio judiciaire et diplomatique.
 
Julian Assange redoute que l'extradition vers la Suède ne soit qu'une étape vers un renvoi aux Etats-Unis, où il pense que les autorités veulent le poursuivre pour avoit divulgué des secrets d'Etat sur le site de WikiLeaks en 2010.
 
Mais il n'est pas avéré que l'obtention de l'asile en Equateur puisse l'aider d'une quelconque façon. Julian Assange est en infraction par rapport aux termes de sa mise en liberté conditionnelle en Grande-Bretagne et il sera arrêté s'il sort de l'ambassade, située dans le quartier chic de Knightsbridge.
 
Il est peu probable que le gouvernement britannique accorde un laissez-passer à Julian Assange pour qu'il puisse se rendre à l'aéroport, ce qui signifierait aller à l'encontre du mandat d'arrêt suédois et de la décision rendue par la Cour suprême britannique elle-même, qui a déclaré le mandat valide.
 
Cela signifierait également laisser le fondateur de WikiLeaks violer en toute impunité les termes de sa liberté conditionnelle.