L'Ukraine envoie de nouvelles troupes à Odessa

Rien ne semble pouvoir arrêter l'escalade vers la guerre civile dans l'est de l'Ukraine. Kiev a envoyé ce lundi une nouvelle unité de forces spéciales à Odessa, où les violences ont fait plus de 40 morts vendredi.

05 mai 2014, 19:16
A Odessa, les affrontements en pro-russes et force de l'ordre ont fait plus de 40 morts lors de la seule journée de vendredi.

De nouveaux combats faisaient rage lundi dans l'est de l'Ukraine, avec l'envoi d'une nouvelle unité des forces spéciales à Odessa, faisant craindre un scénario de guerre civile. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a proposé sa médiation pour trouver une solution à la crise.

Le gouvernement ukrainien a annoncé lundi l'envoi d'une nouvelle unité des forces spéciales à Odessa pour tenter de mettre au pas les séparatistes pro-russes après un week-end de violences meurtrières. Celles-ci ont commencé vendredi à Odessa et sont considérées comme un tournant par les autorités intérimaires de Kiev.

La nouvelle force dépêchée à Odessa est constituée de "militants civils" désireux d'aider cette ville portuaire de la mer Noire, a déclaré le ministre de l'Intérieur Arsène Avakov. Parallèlement, les dirigeants de la police d'Odessa ont été renvoyés.

Avec plus de 40 morts, les violences qui se sont produites vendredi à Odessa sont les plus meurtrières depuis la fuite en Russie du président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch en février.

Calme à Odessa

Si le calme régnait dans l'ensemble lundi dans cette ville d'un million d'habitants, les combats continuaient à l'Est. A Slaviansk, place-forte des rebelles, les tirs semblaient se rapprocher du centre-ville, a rapporté un journaliste de Reuters. Selon M. Avakov, les forces ukrainiennes ont été prises en embuscade par des séparatistes pro-russes. Des combats acharnés se sont déroulés aux abords de la ville.

Les affrontements ont fait quatre morts et une trentaine de blessés parmi les membres des forces de l'ordre, a annoncé le ministère de l'Intérieur. Selon le chef de la Garde nationale également sur place, "nos adversaires sont bien entraînés et bien équipés".

Le commandant rebelle Vadim Orel a lui affirmé que l'armée ukrainienne leur avait tiré dessus depuis un hélicoptère et avait aussi eu recours à des roquettes près d'une autre localité de la région.

Enfin, dans la petite ville de Slovianoserbsk, des hommes armés se revendiquant de "l'armée du Sud-Est" ont attaqué le poste de police local. Le chef de la police, sorti pour leur parler, a été roué de coups par les rebelles, a rapporté la police.

"Profonde" inquiétude

Devant cette escalade de la violence, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a offert sa médiation pour trouver une solution à la crise. Il s'est dit "profondément inquiet" des violences dans ce pays et a demandé l'application par "toutes les parties" en conflit de l'accord conclu à Genève.

Compromis signé entre l'Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l'Union européenne, l'accord de Genève, prévoit notamment le désarmement des groupes illégaux et l'évacuation des bâtiments occupés. Mais la Russie a déclaré la semaine dernière que cet accord était mort, après le lancement par Kiev d'opérations militaires.

Selon le porte-parole de l'ONU, M. Ban a décidé lundi d'envoyer son secrétaire général adjoint Jeffrey Feltman en mission cette semaine à Moscou et à Kiev "afin de promouvoir une désescalade et un règlement pacifique de la crise".

Burkhalter attendu mercredi

Les Européens se sont mobilisés ce week-end pour promouvoir une nouvelle offensive diplomatique. Le chef du Département fédéral des affaires étrangères, et président de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Didier Burkhalter est attendu le 7 mai à Moscou pour évoquer le dossier ukrainien avec le président russe Vladimir Poutine.

Le gouvernement ukrainien sera reçu à Bruxelles le 13 mai par la Commission européenne pour l'examen de mesures de soutien à Kiev.

De son côté, la Russie a affirmé que la crise pourrait menacer la stabilité et la paix en Europe en l'absence de réponse adéquate de la communauté internationale. Selon un "Livre blanc" rendu public lundi à Moscou, des "forces ultranationalistes, extrémistes et néonazies" sont à l'oeuvre en Ukraine.