Espace: la mission ExoMars 2016 décollera avec une caméra suisse à bord

Une nouvelle étape pour découvrir s'il y a de la vie sur mars débutera lundi. La mission ExoMars 2016 ira sonder l'atmosphère de cette planète à la recherche de méthane. À bord, une caméra suisse capable de distinguer des objets à 100 km.

11 mars 2016, 16:49
La mission ExoMars 2016 devrait être lancée lundi du Kazakhstan, avec de la technologie suisse à bord.

Après bien des vicissitudes, la mission ExoMars 2016 devrait être lancée lundi de Baïkonour (Kazakhstan), avec de la technologie suisse à bord. Son but: analyser les gaz de l'atmosphère martienne, en quête d'éventuelles traces de vie, et tester un atterrisseur européen.

C'est une fusée russe Proton qui est chargée de lancer le couple depuis Baïkonour lundi à 10h31. Après un voyage de sept mois, l'atterrisseur se séparera de la sonde pour se poser sur la planète rouge le 19 octobre.

"TGO sera comme un grand nez dans l'espace", explique Jorge Vago, responsable scientifique de la mission ExoMars, sur laquelle il travaille depuis 2002. La sonde, qui se mettra en orbite autour de Mars pour plusieurs années, va rechercher des traces de méthane dans l'atmosphère de la planète.

Sur Terre, 90% de ce gaz est d'origine biologique et provient principalement de la décomposition de matières organiques. Sa détection peut donc constituer un indice possible de la présence actuelle d'une vie micro-organique sur Mars. Le méthane a en effet une durée de vie limitée.

Caméra suisse

C'est là qu'intervient la caméra CaSSIS (Colour and Stereo Surface Imaging System), développée par une équipe placée sous la direction de Nicolas Thomas, de l'Université de Berne. Une caméra capable de distinguer avec précision et en couleur des objets de la taille d'une voiture à 100 kilomètres de distance.

"Nous savons que du méthane est émis par les volcans", a expliqué à l'ats le Pr Thomas. "Avec CaSSIS, nous pourrons vérifier s'il s'agit de volcanisme ou non".

L'équipe s'intéressera également aux modifications constantes de la surface de Mars, sublimation et condensation d'eau et de dioxyde de carbone, mouvements de poussières, notamment.

Longue attente à Berne

L'équipe bernoise suivra avec attention le décollage prévu lundi. Ensuite, les premiers signaux de la sonde sont espérés en soirée, vers 20h00.

Ce n'est que vers la mi-avril que la caméra CaSSIS sera activée. Les premières prises de vue sont prévues durant la phase de ralentissement de la sonde à l'approche de Mars. Le module quant à lui se séparera trois jours avant l'entrée dans l'atmosphère martienne.