Crash du F/A-18: pilote et médecin décédés

Un pilote de carrière des Forces aériennes suisses ainsi qu'un médecin de l'Institut de médecine aéronautique (IMA) sont décédés dans le crash d'un F/A-18 mercredi à Alpnach (OW). Les deux corps ont été retrouvés.
24 oct. 2013, 19:25
Des spécialistes de l'Armée suisse sur les lieux de l'accident.

Au lendemain du crash d'un F/A-18 près d'Alpnachstad (OW), les corps des deux occupants qui se trouvaient à bord ont été retrouvés, selon un communiqué de l'armée.

“Alors que le corps de la première victime a été retrouvé hier soir, les recherches ont permis aujourd'hui de découvrir la dépouille du deuxième membre de l'équipage. Les corps ont maintenant pu être évacués et vont être soumis à l'expertise médico-légale”.

Les victimes de l'accident sont un pilote de carrière des Forces aériennes suisses âgé de 38 ans ainsi qu'un médecin de l'Institut de médecine aéronautique (IMA) âgé de 54 ans, qui participait à ce vol d'entraînement comme passager. Les dépouilles ont été évacuées et seront soumises à une expertise médico-légale.

La boîte noire a également été retrouvée et récupérée par les équipes sur place. Son analyse prendra quelques jours, voire plusieurs semaines. L'évacuation des morceaux de l'épave devrait commencer, vraisemblablement ces prochains jours.

Inspection du site

Le travail de documentation sur le site du crash, un terrain très escarpé, battait son plein jeudi. Une fois ces travaux terminés, l'évacuation des morceaux de l'épave pourra commencer, probablement ces prochains jours.

Les médias ont pu se faire une image des lieux de l'accident jeudi. Sur le flanc arborisé de la montagne surplombant le lac d'Alpnach, un bras du Lac des Quatre-Cantons, les arbres étaient cramoisis sur une surface équivalente à un terrain de football. Vers la crête, des arbres ont été violemment fléchis récemment. L'enquête devra montrer si le F/A-18 accidenté en est responsable.

De nombreux collaborateurs de l'Institut forensique de Zurich, de la justice et de la police militaires équipés de chiens étaient engagés sur place. Des hélicoptères militaires survolaient la zone et des plongeurs étaient en action dans le lac.

Pilote interrogé

Le pilote du deuxième appareil était interrogé jeudi, a indiqué une porte-parole de la justice militaire.

Momentanément interrompu, les Forces aériennes ont repris le service normal jeudi matin, avec comme mission première la police du ciel. Selon le porte-parole Jürg Nussbaum, l'immobilisation des appareils avait surtout des "motifs psychologiques".

Le rôle d'un médecin à bord

Le médecin décédé dans l'accident était vice-directeur d'un des départements de l'Institut de médecine aéronautique (IMA), a précisé le porte-parole des Forces aériennes Jürg Nussbaum.

Le fait que des médecins ou des psychologues spécialisés se trouvent de temps à autre à bord fait partie des standards internationaux. Ces missions doivent leur donner une image des conditions auxquelles sont soumis les pilotes.

L’Institut de médecine aéronautique de Dübendorf (ZH) est le centre de compétences suisse chargé des évaluations psycho-médicales des hommes et des femmes en termes de sécurité et de performances dans les domaines de l’aviation civile et militaire.

Pour le compte de l’armée, l’IMA examine les pilotes, les éclaireurs parachutistes, les candidats à une formation d’état-major général ainsi que les membres d’unités spéciales.

Le Conseil fédéral ne se prononce pas

Aucune prise de position n'est à attendre d'Ueli Maurer jeudi, a annoncé le DDPS. Dans cette affaire, la gestion appartient à la justice militaire, apprend-on. Il n'est pas non plus prévu que le Conseil fédéral s'exprime, a expliqué le porte-parole André Simonazzi.

Reprise du service normal

Momentanément interrompu, le service normal a repris jeudi matin, avec comme mission première la police du ciel. Selon le porte-parole des Forces aériennes Jürg Nussbaum, l'immobilisation des appareils avait surtout des "motifs psychologiques".

Outre la flotte des F/A-18, qui après ce crash comprend 32 appareils, les Tiger F-5 sont aussi affectés à la protection de l'espace aérien. La police du ciel inclut, outre les violations de l'espace aérien et autres infractions, l'aide aux avions civils connaissant des problèmes de navigation, par exemple. En moyenne, de cinq à dix "hot missions" sont effectuées chaque année.