Belgique: un violeur qui demande à mourir ne sera pas euthanasié

Le violeur et meurtrier belge qui a demandé à être euthanasié ne sera pas exaucé. Ses médecins ont mis fin à la procédure cinq jours avant la date de décès initialement prévue.

06 janv. 2015, 15:02
Frank Van Den Bleeken ne sera pas euthanasié, contrairement à son souhait.

Le violeur et meurtrier belge ayant demandé à être euthanasié ne sera pas exaucé. Ses médecins ont mis fin à la procédure, à cinq jours de la date prévue du décès. "Les motivations personnelles de cette décision relèvent du secret médical", a indiqué le ministre belge de la Justice, Koen Geens.

Le détenu a passé vingt-six ans en prison après de multiples condamnations pour viol et un assassinat. Il demande depuis longtemps à être autorisé à mourir. Il sera transféré sous peu dans un centre de Gand spécialisé dans l'encadrement de personnes atteintes de "troubles psychiques profonds", a indiqué mardi le ministre.

Ce dernier "prend acte de la décision des médecins traitants (...) de ne plus continuer la procédure d'euthanasie". Celle-ci devait se dérouler dimanche dans l'aile médicalisée de la prison de Bruges, a précise le communiqué du ministère.

La polémique enflait en Belgique depuis l'annonce samedi de la date programmée pour l'euthanasie de ce quinquagénaire. Beaucoup ont dénoncé dans cette évolution un détournement de la loi belge sur l'aide à la fin de vie.

Le violeur en série se considère comme un danger pour la société et ne souhaite pas être remis en liberté. Mais jugeant ses conditions de détention inhumaines, il avait demandé à être transféré vers un établissement psychiatrique spécialisé aux Pays-Bas. Après le refus de la justice belge, il estimait n'avoir pas d'autre issue que l'euthanasie.

Institution ouverte

Le ministre de la Justice a indiqué mardi avoir "décidé de (le) transférer" au Centre psychiatrique légal de Gand (ouest). Cette institution ouverte en novembre aura pour mission de développer un "trajet adapté de soins".

En outre, selon Koen Geens, des "contacts très récents et intenses" avec les autorités néerlandaises "offrent une claire perspective d'un transfert rapide vers un centre spécialisé dans les longs séjours d'internement".

Limites de la loi

Cette affaire a souligné les limites de la loi de 2002 autorisant dans certaines conditions l'euthanasie, dont la présence "d'une souffrance physique ou psychique constante et insupportable". La Ligue belge des droits de l'Homme a jugé que le choix du prisonnier concerné est "le résultat direct des manquements de l'Etat belge à son obligation de prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux".

Le ministre de la Justice a promis mardi de développer dans les six prochains mois un "plan en vue de l'organisation d'une capacité concrète d'accueil en Belgique" des internés souffrant de troubles psychiques profonds. Le pays a été plusieurs fois condamné par la Cour européenne des droits de l'homme pour ses carences dans ce domaine.