Amnesty International dénonce plus de 200 cas de détentions arbitraires et de tortures en Côte d'Ivoire

Plus de 200 personnes, dont des partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo, ont été "arbitrairement détenues et torturées" en Côte d'Ivoire, a affirmé vendredi Amnesty International.

26 oct. 2012, 15:04
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Plus de 200 personnes, dont des partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo, ont été "arbitrairement détenues et torturées" en Côte d'Ivoire, a affirmé vendredi Amnesty International.

L'ONG appelle le chef de l'Etat Alassane Ouattara à tenir ses promesses sur le respect des droits de l'Homme.
"Beaucoup (de ces personnes) croupissent toujours derrière les barreaux", affirme AI dans un communiqué publié au retour d'une mission d'un mois dans le pays.
 
"Nous avons pu rencontrer des dizaines de détenus qui nous ont raconté comment ils avaient été torturés à l'électricité ou avaient subi des brûlures au plastique fondu.
 
Deux d'entre eux ont été victimes de sévices sexuels", déclare Gaëtan Mootoo, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest à Amnesty, cité dans le texte.
 
"Certains ont été détenus pendant plusieurs mois sans pouvoir contacter leurs proches ni accéder à des avocats", ajoute-t-il. Certains prisonniers placés dans "des lieux de détention non-reconnus comme tels à Abidjan" ont été remis en liberté "suite à des rançons versées à des membres de l'armée", rapporte l'ONG.
 
Ouattara sommé d'agir
 
"Bien que reconnaissant que le gouvernement ivoirien fait face à une vague d'attaques, nous craignons fortement que les arrestations et la répression en cours ne découlent d'une volonté de représailles et de vengeance", souligne M. Mootoo.
 
"Plus de 18 mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo en avril 2011, il est grand temps pour le président Alassane Dramane Ouattara d'aller au-delà des promesses et de placer le respect des droits humains au sommet des priorités de son gouvernement", conclut-il.
 
Le gouvernement ivoirien est confronté depuis août à une vague d'attaques armées, notamment à Abidjan, qui ont entraîné le plus grave regain de tensions depuis la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011 ayant fait quelque 3000 morts.
 
Ces attaques ont été attribuées par le pouvoir à des fidèles de l'ex-président, ce que l'opposition récuse, et suivies d'arrestations de figures du camp Gbagbo.