Affaire Khashoggi: les enfants du journaliste pardonnent aux tueurs

Il y a presque 2 ans, le journaliste Jamal Khashoggi se faisait sauvagement assassiner avant d’être démembré dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. Ses enfants, qui auraient reçu des autorités des maisons de plusieurs millions de dollars, pardonnent aux tueurs de leur père.

22 mai 2020, 07:39
Jamal Khashoggi a été tué au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul (archives).

Les enfants de Jamal Khashoggi, journaliste saoudien assassiné en octobre 2018 dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, pardonnent aux tueurs de leur père. L’annonce a été faite sur Twitter par l’un des fils, Salah Khashoggi, qui réside en Arabie saoudite.

 

 

Jamal Khashoggi, critique du régime saoudien après en avoir été proche, a été assassiné le 2 octobre 2018 dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, où il s’était rendu pour récupérer un document.

Etrangé puis démembré

Selon la Turquie, le journaliste du Washington Post a été étranglé puis son corps a été démembré lors d’une mission opérée par une équipe de quinze personnes. Les restes de l’éditorialiste de 59 ans n’ont jamais été retrouvés.

Après avoir nié l’assassinat, puis avancé plusieurs versions contradictoires, les autorités saoudiennes ont affirmé qu’il avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls et sans ordre de hauts dirigeants.

 

 

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, dit MBS, a été désigné par des responsables turcs et américains comme étant le commanditaire du meurtre. Il a dit plus tard assumer la responsabilité du meurtre, mais a nié en avoir eu connaissance avant qu’il ne soit commis.

Milliers de dollars chaque mois

À l’issue d’un procès opaque en Arabie saoudite, cinq Saoudiens ont été condamnés à mort et trois condamnés à des peines de prison. Onze personnes avaient été inculpées. Salah Khashoggi avait indiqué avoir «pleinement confiance» dans le système judiciaire saoudien, critiquant les opposants, qui, selon lui, cherchaient à exploiter cette affaire.

Le Washington Post a écrit en avril 2019 que les enfants du journaliste assassiné, y compris Salah, avaient reçu des maisons de plusieurs millions de dollars et étaient payés des milliers de dollars par mois par les autorités. La famille avait démenti.

Il y a un mois, la justice turque a lancé des poursuites contre vingt personnes dont deux proches de MBS, l’ex-conseiller Saoud al-Qahtani et l’ancien numéro deux du renseignement, le général Ahmed al-Assiri, identifiés comme les commanditaires du meurtre.