5 maîtres du temps en Suisse, garantes du changement d'heure

350 horloges atomiques réparties dans le monde, dont 5 en Suisse, garantissent avec précision le changement d'heure sur la planète.
23 oct. 2013, 12:43
Le changement d'heure est totalement automatique et préprogrammé.

Dans le monde, 350 horloges atomiques ultraprécises déterminent l'heure exacte. Cinq se trouvent en Suisse, à l'Institut fédéral de métrologie (METAS), à Wabern (BE). Elles fixent avant tout la longueur de la seconde. Le changement d'heure de ce week-end n'en est qu'un produit dérivé.

Le METAS est responsable de la réalisation de l'heure officielle suisse et de sa diffusion. Les horloges atomiques de son Laboratoire temps et fréquence fournissent la contribution de la Suisse au Temps universel coordonné (UTC).

La mission première des horloges atomiques n'est pas d'afficher les heures et les minutes, mais de veiller à la "réalisation de la seconde" à l'aide d'une fréquence bien précise: 9‘192‘631‘770 Hz. C'est à cette fréquence exacte que se produit la transition entre deux états d'énergie des atomes de Césium 133.

La fréquence de la résonance atomique étant extrêmement stable, ce type d'horloge permet de déterminer qu'après 9‘192‘631‘770 oscillations du champ magnétique utilisé pour exciter les atomes, une seconde s'est précisément écoulée. Selon le METAS, deux étalons indépendants basés sur le césium n'accumuleraient une différence d'une seconde qu'au bout de 30 millions d'années de fonctionnement.

Le processus est identique dans le monde entier. La seconde est aujourd'hui déterminée jusqu'à seize chiffres après la virgule. Cette précision est importante notamment pour la navigation par satellite. "L'heure d'été est presque un produit dérivé", a indiqué à l'ats le physicien Gregor Dudle, directeur adjoint du METAS.

Changement automatisé

Auparavant, on calculait la seconde en se basant sur la rotation de la Terre. Mais comme celle-ci vacille quelque peu sur son axe, cette mesure n'était pas toujours identique. Depuis 1972, l'UTC est coordonné au niveau international par le Bureau international des poids et mesures à Paris sur la base de 350 horloges atomiques distribuées dans 60 instituts de métrologie de par le monde, dont le METAS.

Dans la nuit de samedi à dimanche, le signal de recul d'une heure sera transmis selon les horloges soit par un émetteur à ondes longues près de Francfort (D) soit par un satellite pour les appareils dotés d'un GPS. Les ordinateurs eux reçoivent l'information via internet par le Network Time Protocol (NTP).

Au METAS, le changement est totalement automatique et préprogrammé: "Nous n'avons pas besoin d'appuyer sur un bouton", précise M. Dudle, "ce serait d'ailleurs beaucoup trop imprécis". En Suisse, ce décalage saisonnier fait figure de routine: il a été introduit en 1981.