Pièce de théâtre à Derborence: enfin la première!

Samedi matin, la troupe de Mathieu Bertholet a enfin pu jouer la première de leur interprétation du chef d'œuvre de Ramuz.

16 août 2014, 16:55
Grâce à une météo clémente, la pièce a enfin pu être jouée directement à Derborence.

Enfin la première! Les acteurs de la troupe MuFuThe et leur metteur en scène Mathieu Bertholet étaient soulagés samedi matin. «Ce matin c’était au-delà de tout», s’exclame le metteur en scène, la voix tremblante, après presque 2 heures d’un spectacle intense. Le temps les avait forcés à annuler les premières représentations en plein air. Mais samedi matin, Derborence a été clémente. Le soleil a déchiré la brume du matin, alors que les mots de Ramuz résonnaient dans la vallée où ils sont nés.

Au fil du texte, le public a assisté à un spectacle dans le plus pur style de Mathieu Bertholet. Entre distanciation brechtienne et chorégraphie, le texte de Charles-Ferdinand Ramuz ne prend pas une ride. Il se prête merveilleusement bien au théâtre contemporain. Le texte est raconté. Les 9 acteurs de la troupe forment un seul corps en mouvement. Leur échange de parole, qui se fait de manière spontanée, crée le rythme hypnotique du grand conteur. Parfois l’œuvre de Ramuz est déclamée, parfois jouée. Quelques fois même la voix des acteurs se fait onomatopée, cataracte de roche.  

Le public a été réceptif à cette première. Il a fait confiance aux neuf acteurs plein de talents et s’est  laissé emporter. «Il ne faut pas trop réfléchir», confirme Mathieu Bertholet, «Quand tu arrêtes d’essayer de comprendre, tu commences à te laisser émouvoir. C’était un moment super fort».

Samedi après-midi à 14 heures, une nouvelle représentation a permis aux déçus de la veille de voir la pièce. Les deux dernières représentations in situ auront lieu au Godet samedi soir à 19 heures et dimanche à 8 heures. Le spectacle prendra ensuite ses quartiers de fin d’été sur la place Maurice Zermatten pour plus d’une dizaine de représentations.