Décès d’un guide en Valais: après la haine sur les réseaux sociaux, la compassion

Le témoignage dans "Le Nouvelliste" de la famille du guide décédé à Nendaz, blessée par les commentaires sur Facebook, a fait basculer le discours des internautes.

05 févr. 2021, 12:12
Le décès du guide Christophe Gay-Crosier a ému bon nombre de Valaisans.

Un guide emporté par une avalanche. Un flot de haine sur les réseaux sociaux. Une famille blessée qui sort de l’ombre et qui témoigne ce vendredi dans «Le Nouvelliste».

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Peu après la parution de cet article, sur la Toile, le discours change. Le témoignage a ému. Dans les commentaires, la compassion prend le dessus, avec, en plus, le procès des internautes malveillants et des réseaux sociaux.

Le défunt devient humain

Lorsqu’un premier article annonçait le décès d’un guide, de manière anonyme dans les médias à ce moment-là, les commentaires se lâchent, comme si le défunt n’était qu’un vague concept.

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Lorsque, à travers le témoignage de sa famille, il prend un visage humain, l’homme retrouve sa place. Dans les commentaires aussi. «Un mari et un père des plus doux et aimant que je connaisse. Un guide des plus éblouissant par son charisme, son professionnalisme et surtout son extrême prudence. Un de ceux qui a toujours éclairé et répandu sa lumière sans éteindre celle des autres. Humble et humain. Tous ceux qui l’ont côtoyé ont eu de la chance», écrit par exemple Claudia Mouther dans les commentaires parus sur la page du site du «Nouvelliste».

Christine David Favre critique les «personnes aigries ou immatures qui pensent détenir toutes les vérités à l’abri derrière leur écran». Elle ne pense pas que tout le monde soit ainsi. Au contraire. «Heureusement il y a une majorité de personnes avec l’intelligence du cœur» qui seront là pour entourer la famille endeuillée.

Marc Bachmann de Savièse va même plus loin, en estimant que le Valais tout entier se retrouve solidaire face au drame: «Je finirai par dire, chère famille Gay-Crosier, que la quasi-totalité des Valaisans avons de l’empathie pour le drame qui vous arrive et sommes de tout cœur avec vous.»

Les internautes comprennent que le risque fait partie du métier de guide et que même pour l’homme prudent et professionnel, le risque zéro n’existe pas. Un commentateur risque la comparaison entre le guide et le pilote de F1 et se demande si, en cas d’accident, on dirait au pilote qu’il n’avait qu’à rouler moins vite.

Critique des réseaux

Les réseaux sociaux en prennent pour leur grade. Mais un réseau n’est ni bon ni mauvais. Derrière un commentaire sur Facebook, il n’y a pas un Mark Zuckerberg qui juge depuis la Californie, mais des gens de chez nous qui parlent en s’affichant ouvertement.

Pierre-Alain Joseron a un commentaire biblique à l’adresse de la famille du guide disparu: «Pardonnez à ces gens peu scrupuleux, il leur a été peu donné, il leur sera peu repris.»

Zaz Vitasse se pose la question sur le processus qui conduit à un tel déferlement de propos malveillants: «Je ne sais pas si les gens sont de plus en plus méchants ou si ce sont les réseaux sociaux et internet qui permettent de mieux les identifier, mais c’est effroyable toute cette méchanceté.»