Chamoson: des éleveurs en appellent au bon sens des randonneurs

La nourriture distribuée par les randonneurs met en danger la vie du bétail. Plusieurs éleveurs de la région crient leur ras-le-bol.

09 avr. 2015, 14:30
Grugnay le, 8 avril 2015 : Mme. Carole Rossier ne désire pas que les passents nourrisse c'est bêtes.     ©Sacha Bittel/Le Nouvelliste

Carole Rossier est encore sous le choc. Sous le choc d’avoir retrouvé ses deux chèvres inanimées dans leur enclos. Aucune blessure apparente. Pourtant, il s’en est fallu de peu pour que les biquettes, Princesse et Exelia, franchissent le Rubicon. Par chance, l’intervention rapide du vétérinaire a permis de les sauver à grand renfort d’antibiotiques et de piqures.

«J’ai tout de suite compris que quelque chose n’allait pas. Elles n’avaient plus d’appétit alors que ce sont des ventres sur patte. J’ai vraiment eu peur de les perdre. Nous ne sommes vraiment pas passés loin de la catastrophe», raconte Carole Rossier, tout en suivant son troupeau d’un regard attendri. Cette éleveuse de Chamoson est agacée. Ses collègues et complices, Dominique Coudray et Jean-Edmond Juilland, aussi.

La faute aux randonneurs?

La raison? Ces chèvres bottées, une espèce en voie d’extinction, ont été victimes d’une intoxication alimentaire. D’une acidose de la panse, pour être précis. Une maladie causée par un excès d’ingurgitation de pain trop souvent distribué en grande quantité par les randonneurs.

«Les gens ne pensent pas mal agir. C’est de la bonne volonté mal placée car la plupart ne connaissent juste rien au fonctionnement des ruminants. Cinq cents grammes de pain peuvent suffire à tuer une chèvre. Si chaque randonneur distribue deux ou trois tranches, le compte est vite là», soupire Carole Rossier dont l’enclos se situe juste en-dessous du bisse du Poteu.

Lourds symptômes

Des propos corroborés par le vétérinaire vétrozain, Christophe Morend. «C’est un cas fréquent au printemps chez les herbivores. Surtout s’ils sont de petite taille. Le pain, riche en hydrates de carbone, attaque leur système digestif. Les symptômes - douleurs abdominales, diarrhées, troubles locomoteurs et respiratoires, apathie – entraînent souvent le décès de la bête.»

Retrouvez l'intégralité de cet article dans notre édition du Nouvelliste de ce vendredi 10 avril.