Santé: le Covid a pesé sur les relations familiales et de couples en Valais

L’année dernière, près de 13 500 personnes se sont rendues dans les centres SIPE du Valais. Les consultations ont augmenté de 10% par rapport à la période d’avant pandémie de Covid. Et la situation ne semble pas se décrisper avec la guerre en Ukraine.
27 avr. 2022, 11:58
Durant la pandémie, des parents ont été contraints de télétravailler tout en gardant leurs enfants.

La pandémie liée au Covid-19 a complexifié les relations familiales et de couple, constatent les centres SIPE (sexualité, information, prévention, éducation) présents dans tout le Valais.

En 2021, près de 13 500 personnes se sont rendues dans les centres SIPE pour des consultations de couples (516), en périnatalité et aide à la grossesse (1460) et en santé sexuelle (11 479). Toutefois, même si le nombre de personnes recule légèrement par rapport à 2019, celui des consultations a augmenté de près de 10% sur cette même période.

«On peut en déduire que certaines personnes viennent davantage de fois en consultation, au vu de la complexité de leur situation», analyse la fédération valaisanne des centres SIPE dans un communiqué diffusé mercredi. C’est particulièrement visible dans les consultations de couples et en périnatalité, explique à Keystone-ATS Danièle Tissonnier, directrice des centres.

L’idée, c’est d’améliorer la compréhension de chaque partie.
Danièle Tissonnier, directrice des centres SIPE

Durant la pandémie, familles et couples ont vécu dans un climat anxiogène, ont dû faire face à des situations financières difficiles et s’organiser parfois sans aide extérieure, car leurs proches ne pouvaient pas les aider, liste la directrice. L’arrivée d’un enfant dans ce contexte tendu a parfois rendu les choses encore plus difficiles. Il a aussi fallu que des parents télétravaillent et s’occupent de leurs enfants en même temps, complète-t-elle.

Lors des consultations, les collaborateurs des centres offrent une écoute et permettent aux différents protagonistes de confronter leurs perceptions individuelles de la situation. «L’idée, c’est d’améliorer la compréhension de chaque partie», souligne la directrice.

«Sentiment d’insécurité»

Les centres SIPE observent que la situation ne se décrispe pas. Le contexte de la guerre en Ukraine et de la pandémie qui n’a pas totalement disparu pèse encore sur les foyers. Ce climat réveille aussi des souvenirs et des douleurs enfouies chez les personnes ayant vécu une migration plus ancienne, détaille Danièle Tissonnier.

Les personnes qui font appel à nous se demandent de quoi l’avenir sera fait.
Danièle Tissonnier, directrice des centres SIPE

«On ne constate pas de baisse de tension. Au contraire, tous ces éléments font émerger un sentiment d’insécurité. Les personnes qui font appel à nous se demandent de quoi l’avenir sera fait», résume la directrice.

Présence accrue dans les écoles

L’année 2021 a également donné lieu à la mise en place d’une prévention accrue des violences et des abus auprès des jeunes, grâce à un budget du Département de la sécurité, des institutions et du sport et à un mandat du Département de l’économie et de la formation. Près de 22 500 élèves ont bénéficié ainsi d’éducation en santé sexuelle contre un peu plus de 18 100 en 2019.

Créés en 1976, les centres SIPE, regroupés en fédération, sont reconnus par le canton du Valais comme l’organisme officiel chargé des thématiques liées à l’éducation et au conseil en santé sexuelle, à l’aide à la grossesse et à la consultation de couple. La fédération chapeaute et coordonne les activités des cinq centres répartis dans les deux parties linguistiques du canton.

par Keystone - ATS