Retour du loup: les alpages ovins vers une révolution lente

La gestion et la protection des alpages ovins valaisans seront améliorées dans le cadre d'un projet pilote au niveau suisse. D'importantes adaptations seront nécessaires.

10 juin 2014, 11:43
Les alpages parfois escarpés sont souvent difficiles à protéger.

Le projet est de grande ampleur. L’enjeu de taille. Il s’agit ni plus ni moins de rendre viable à long terme les alpages ovins du canton en termes d’exploitation et de protection contre les grands prédateurs. L’Etat du Valais a présenté ce matin à la presse les recommandations issues d’une vaste étude de deux ans réalisée en collaboration avec l’Office fédéral de l’environnement et l’Association suisse pour le développement de l’agriculture et de l’espace rural (Agridea).

Les 155 alpages du canton ont été analysés individuellement. Et les résultats, scientifiques, sont édifiants. 25% des lieux d’estivages des moutons sont difficiles à protéger alors que 60% d’entre eux nécessitent des adaptations. Des recommandations spécifiques sont formulées  pour chaque alpage, aussi bien sur les mesures d’exploitation que de protection des troupeaux. Deux régions seront prioritaires cette année en fonction de la pression du loup: la vallée de Conches et Val d'Iliez. «Nous sommes à un tournant», explique le chef du service de l’agriculture Gérald Dayer. « Nous voulons définir clairement les conditions pour une utilisation durable des alpages qui exige souvent une évolution structurelle. Le Valais, canton pionnier en matière de protection des troupeaux, va soutenir pratiquement et financièrement cette évolution.»