Playlists du «Nouvelliste»: dans les écouteurs d’Agathe Seppey

Chaque semaine, «Le Nouvelliste» partage ses découvertes musicales à travers ses playlists Spotify. Les deux spécialistes maison, Jeff Albelda et Agathe Seppey, publient à tour de rôle leurs coups de cœur. Places aux pépites du canton et d’ailleurs.
21 janv. 2019, 18:13
Agathe Seppey, journaliste au «Nouvelliste», mélomane et musicienne.

Bon, les amis. On est encore en janvier, il nous reste donc quelques jours pour tenter de poser des lignes directrices à notre année. Même si on sait très bien qu’on va gaiement dévier des trajectoires avant de mieux les retrouver.

Pour éviter de tomber dans les mauvais panneaux – au moins ça - posons un fil rouge à 2019 si vous le voulez bien. Celui des «good vibes». Ces vibrations positives, effervescentes ou plus calmes, qui poussent à avancer, même à petits pas. Et à voir le verre à moitié plein. Et ça tombe bien, une craquée de chansons ont ce pouvoir. 

Les pépites «bouffées d’air pour gonfler 2019 de good vibes»

Camp Claude – «Swimming Lessons»

«Leçons de nage». Nager parmi les réunions et les rendez-vous qui ne font que tomber dans l’agenda en tentant de sortir la tête de l’eau, ça on connaît bien. Mais ce que l’excellent trio Camp Claude nous amène sur un plateau de pop vintage, c’est l’occasion de nager tout librement. «A travers la lumière et le ciel liquide», qu’ils disent. Ça paraît carrément plus tentant que l’apnée du travail, non? Une brasse de toute fraîcheur qui nous montre qu’on peut avancer pépouzes sans toujours opter pour le crawl. 
 


Idles – «Danny Nedelko» 

Tel collègue, telle collègue. Jeff Albelda vous présentait la semaine dernière le génialissme groupe de néo-punk angalis Idles. Et puisque j’ai écouté sans discontinuer cette chanson depuis trois semaines, j’étais un peu obligée de la placer ici. Attention, décharge d’adrénaline, de décibels, de furie et tout le toutim. Un coup de pied dans la fourmillière pour conjurer les matins qui flirtent sous le zéro degré, les humeurs brumeuses et les baillements post-grosse journée. 
 


Cigarettes After Sex – «Nothing’s Gonna Hurt You»

Si les bols d’air dont vous avez besoin sont plutôt ceux qui fleurent la caresse et offrent un aller sans retour vers les nuages, enclenchez ce titre sublime de Cigarettes After Sex. Il résonne comme une ode à ces moments suspendus, où l’alchimie unit deux âmes et deux corps. Ces instants où l’autre nous glisse à l’oreille «rien ne va te faire mal» et que, l’espace de quelques secondes, on ose le croire. Quatre minutes gorgées d’une sensibilité à fleur de peau. Qui contraste absolument avec le nom peu fin d’un groupe pourtant ciselé dans la délicatesse.
 


Ron Gallo – «Young Lady, You’re Scaring Me»

On a dit qu’on voulait des bonnes vibes, en voilà de toute impétueuses. Si les paroles de «Young Lady, You’re Scaring Me» causent d’une jeune femme qui ne semble pas avoir la lumière à tous les étages et ne crient pas la joie, l’instru et les sursauts de voix débridés de Ron Gallo refilent la patate nécessaire pour entamer l’année bien comme il faut. Allez, c’est le moment de croire en son énergie, de la transformer en moteur explosif et d’aller de l’avant comme jamais. Même si on a pas toujours, nous non plus, la lumière à tous les étages.
 


Meridian Brothers – «¿Dónde estás María?»

C’est l’heure de voltiger vers la planète complètement barrée du groupe d’Eblis Álvarez, sorte de Professeur Tournesol colombien artisan de sons truculants. Les créations des Meridian Brothers se rangent entre le «tropicalisme futuriste» et la «musique pour les gens curieux» – selon les mots de ces joyeux lurons. Dégustez donc «¿Dónde estás María?» avec un café ou un mojito – y’a pas de saison pour les mojitos, hein – et entrez dans la danse d’une expérimentation à la sauce latino-américaine délicieusement motivante.
 


Grand Blanc – «L’amour Fou»

Il y a la spontanéité et l’obscurité, le mystère, la facétie et la sensation dans l’univers de Grand Blanc. Le quatuor tisse sa toile dans la tradition du rock indépendant à la française en l’arrosant d’une électro grisante. En parlant de «L’amour fou», le groupe disait à Greenroom: «(C’est) une chanson qui n’est pas une chanson, qui est un cri et un cri d’Amour déraisonnable qu’on a très envie de pousser». Tiens, on a bien envie de le hurler avec vous, cet amour. 
 


Purple Disco Machine – «Body Funk»

Que celui qui écoute ce morceau en entier sans bouger un seul orteil s’annonce. Parce que l’effet Purple Disco Machine gagne à chaque fois toutes les cellules de mon corps et de ma petite cervelle. A moi les chorégraphies pas toujours très chorégraphiques mais toujours enjaillantes. A vous la découverte du «deep funk» endiablé du producteur allemand Tino Piontek, un son taillé autant pour les nostalgiques de la disco que pour les fans de deep house. Hop, on se lève et on move son joli body
 


Thylacine – «Purmamarca»

Il est des albums dont la création et l’accouchement touchent plus que les autres. Le nouveau bébé de Thylacine, «Roads Vol.1», sorti vendredi dernier, est le fruit d’un rêve de gosse. Celui de composer sur la route, en toute liberté. Après avoir créé son précédent disque dans le train Transsibérien, le producteur français a transformé une caravane en studio intinérant alimenté aux panneaux solaires. Puis, durant trois mois, il a arpenté les terres argentines pour en extraire la magie, le micro à la main. En résultat, des morceaux où l’organique et les souvenirs de voyage dialoguent avec une électronica enchanteresse. Testez – et approuvez – «Purmamarca».
 


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par Agathe Seppey