Placements forcés: l'Etat réticent à contacter les victimes

Les 700 victimes valaisannes peinent à faire la démarche d'indemnisation. Une députée socialiste souhaite que le département d'Esther Waeber Kalbermatten contacte les personnes concernées.

17 mars 2015, 06:30
Clément Wieilly a été victime de placements forcés dans son enfance. ce Fribourgeois se bat pour que les personnes qui ont souffert fassent la démarche pour être indemnisées.

Il ne reste qu’un peu plus de trois mois aux personnes victimes de placements forcés dans leur enfance pour demander leur indemnisation auprès du fonds national créé dans ce but. En Valais, les victimes peinent à faire le pas pour réclamer un montant pour avoir subi des mesures de coercitions à des fins d’assistance jusqu’en 1981.

700 victimes en Valais

Le canton en compte près de 700. Or, l’Etat du Valais a inséré quelque 200'000 francs dans le fonds d’aide immédiate constitué d’environ 7 millions. «Ce serait tout de même dommage que les victimes valaisannes ne puissent pas recevoir ce qui leur est dû», souligne Barbara Lanthemann. La députée socialiste a tenté de déposer un postulat urgent au Grand Conseil la semaine dernière pour demander au Conseil d’Etat de contacter les victimes de ces placements forcés. Sans succès.

"C'est très délicat"

La balle est désormais dans le camp de l’Etat du Valais. Une liste des Valaisans ayant été maltraités dans le passé existe bel et bien auprès des Archives cantonales. L’Etat ne veut-il donc pas contacter les victimes pour demander réparation? Esther Waeber Kalbermatten, la cheffe du département des affaires sociales, reste évasive. «Selon moi, c’est très délicat. Peut-être les personnes concernées n’ont plus envie de remuer le passé. Je vais m’occuper de la question. Je dois regarder avec la protection des données.»

Sensibiliser Esther Waeber Kalbermatten

Pour tenter de sensibiliser Esther Waeber Kalbermatten à ce sujet, Barbara Lanthemann veut organiser une rencontre entre la conseillère d’Etat et Clément Wieilly, un Fribourgeois victime de placements forcés. Le sexagénaire a créé l’association «Agir pour la dignité» qui aide les victimes à faire les démarches. «Je ne peux qu’encourager les gens à entamer ces démarches. Il faut vraiment qu’ils se manifestent!»

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