Magazine "Votre Santé": Patrizia Kummer: "Le sport a stabilisé mon dos"

La médaillée olympique Patrizia Kummer croque la vie à pleines dents. Grâce au snowboard, elle a appris à connaître son corps et à l’écouter.

23 nov. 2018, 08:01
Sportive d’élite, Patrizia Kummer n’hésite pas à se reposer au besoin en faisant des micros siestes.

Le snowboard et vous, un vrai coup de foudre?

En tout cas, j’ai toujours aimé les sports de neige. Mes parents m’ont mise sur des skis à l’âge de deux ans et c’est là que ma passion a commencé. J’ai découvert le snowboard à douze ans, et depuis, ce n’est que du plaisir! J’ai beaucoup de chance d’avoir trouvé ma passion si jeune, car c’est quelque chose qui m’a aidé à grandir. Mes parents sont très sportifs, alors on a vraiment vécu ces moments en famille. D’ailleurs, à chaque fois qu’arrivait le printemps, j’étais triste de devoir ranger mes skis, car je savais que ça allait me manquer.

En tant que sportive de haut niveau, quel rapport entretenez-vous avec votre corps?

Lorsque j’étais enfant, j’ai eu beaucoup de problèmes de dos. J’ai trop de flexibilité dans mes articulations, alors j’ai souvent dû faire des exercices de physiothérapie. Aujourd’hui, je n’en ai plus besoin, car le sport m’a stabilisée. Mon tonus musculaire me permet de rester en forme. Et surtout, je connais très bien mon corps et je sais l’écouter. Je déteste devoir interrompre un entraînement, mais si je sens que j’ai besoin d’une pause, je la prends sans hésiter. C’est important.

Comment gérez-vous le risque de blessure?

Souvent, les blessures surviennent lorsqu’on n’écoute pas assez son corps. Quand on est sportif d’élite, on doit gérer beaucoup de choses en parallèle. Les entraînements, les contacts avec les sponsors, mais aussi avoir une vie sociale et des amis. Par conséquent, on ne prend pas toujours assez de temps pour se détendre. Moi je me connais et je n’hésite pas à dire si j’ai besoin de me reposer. Je fais par exemple des micros siestes de vingt minutes, qui me permettent de mieux continuer ensuite.

Avez-vous une recette magique pour gérer le stress en compétition?

En fait, je suis rarement stressée avant une course. Je me sens toujours privilégiée d’être là et de pouvoir exercer ma passion. C’est incroyable d’être entourée des meilleurs snowboardeurs du monde, alors pour moi ce n’est que du plaisir. Penser comme ça m’aide vraiment à ne pas avoir trop de pression.

Pensez-vous que l’on puisse être «accro» au sport, comme à une drogue?

Je pense que cela arrive oui, mais surtout chez les non-professionnels. Parfois, des personnes qui ne sont pas encadrées s’entraînent seules et beaucoup trop. Quand on est dans le milieu professionnel, on est coaché et on fait des entraînements variés. Alors bien sûr, le sport me manque beaucoup si je ne peux pas en faire comme je voudrais. Mais je sais aussi qu’il y a des choses plus importantes dans la vie.

Quel type de mangeuse êtes-vous?

Je dois faire un peu attention à ce que je mange, car je suis allergique au gluten et aux œufs. Pour le gluten, ce n’est pas vraiment un problème car il existe aujourd’hui un grand choix d’aliments «gluten free». Par contre, pour éviter de manger des œufs, c’est plus difficile. Il y a en vraiment dans tout ! Et pour rester en forme, j’essaye surtout de manger varié: des protéines, des lipides, des légumes. J’ai un jardin potager dans lequel je plante plein de choses. D’une part ça me permet de manger local, mais en plus, jardiner, c’est bon pour la tête.

En dehors des compétitions, que faites-vous pour votre bien-être?

En plus du jardinage, j’aime aussi beaucoup cuisiner. C’est une activité créative, qui me permet d’expérimenter de nouvelles recettes. Avec mes parents, je suis aussi propriétaire d’un café. C’est très bon pour l’ouverture d’esprit. J’y rencontre des gens d’un peu partout, des touristes, des locaux, qui ont tous des choses passionnantes à raconter. J’adore discuter avec eux, ce sont des liens sociaux importants pour moi.

Avez-vous déjà eu l’impression d’avoir «trop poussé» votre corps?

Oui. A l’âge de quinze ans, j’ai pu intégrer l’équipe Nationale B de snowboard, alors que j’allais encore à l’école. Dans cette équipe, tout le monde était plus âgé que moi et se consacrait exclusivement au snowboard. Moi, je faisais les mêmes entraînements qu’eux mais j’étudiais à côté. Alors forcément, au bout d’un moment, j’étais fatiguée et je manquais de fer. Du coup, on a changé mon programme physique pour en concevoir un nouveau, juste pour moi. Dès que l’entraînement a été adapté, tout s’est bien passé.

Avez-vous une équipe médicale qui vous accompagne en compétition?

Quand nous allons en coupe du monde, il y a toujours un physiothérapeute avec nous. Mais moi, j’ai la chance d’avoir une très bonne récupération. Je n’ai pas besoin de massages comme certains autres athlètes. Alors si j’appelle le physio, c’est surtout pour aller boire des cafés! (rires)

Faites-vous confiance aux médecines parallèles?

Pourquoi pas, chacun doit surtout trouver une méthode et un thérapeute qui lui conviennent. Être bien dans son corps, c’est important, mais il faut aussi être bien dans sa tête! J’ai un «coach mental» avec qui je travaille depuis plus de dix ans. J’ai une totale confiance en lui et ça, c’est vraiment super.

Que pensez-vous du système de santé en Suisse?

Il me semble très bien, mais honnêtement, c’est difficile pour moi de répondre. Si je suis malade, c’est que j’ai un rhume… Alors je ne vais pas chez le médecin juste pour ça!

 

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