Ligne THT: écœurés, 250 manifestants protestent devant le Grand Conseil

Les opposants à la ligne THT Chamoson-Chippis étaient 250 à manifester devant le bâtiment du Grand Conseil, vendredi matin. Les banderoles demandaient l’arrêt des travaux et un enfouissement de la ligne projetée par Swissgrid. Entré dans la salle du Parlement par la porte de derrière, le Conseil d’Etat n’a pas affronté la foule.

14 sept. 2018, 11:47
La mobilisation ne demandait pas seulement le déplacement de 5 pylônes sur 77 – comme le prône désormais la majorité de la classe politique – mais bien un enfouissement de la ligne.

«Aux politiques, c’est le jour du déclic!» A 8 heures 30 ce vendredi, 250 opposants à la ligne à très haute tension (THT) Chamoson-Chippis s’étaient réunis devant le bâtiment du Grand Conseil. «Stoppez les travaux!», ont-ils scandé pendant une demi-heure à grand renfort de cloches.

Organisée par «THT sous terre Valais» et le Regroupement des écoles sans pylônes électriques (RESPE), la mobilisation ne demandait pas seulement le déplacement de 5 pylônes sur 77 – comme le prône désormais la majorité de la classe politique – mais bien un enfouissement de la ligne. Swissgrid a entamé la construction fin août.

 

Ci-dessous, la manifestation du vendredi 14 septembre en images 



Au slogan «Enfouir pour ne pas fuir», la présidente du Grand Conseil Anne-Marie Sauthier-Luyet rétorque: «Enterrer toute la ligne n’est plus envisageable.»

«Initiative pas absolument conforme au droit»

La manifestation populaire intervient le jour où le Grand Conseil se penche sur une modification de la loi cantonale sur l’approvisionnement électrique. Le texte propose de bloquer la construction du tracé aérien tant que des incertitudes techniques planent sur le projet. Un vote positif serait un premier pas vers une suspension des travaux, pourtant validés par le Tribunal fédéral.

A quelques heures des débats, Anne-Marie Sauthier-Luyet n’a cependant pas voulu donner de faux espoirs aux adversaires des géants d’acier: «L’initiative parlementaire dont on discutera n’est pas absolument conforme au droit. Il faut être réaliste.»

Le Conseil d’Etat entre par la porte de derrière

Il en faudrait toutefois plus pour décourager les opposants. Arborant un t-shirt «T’as où les pylônes?» barré d’une croix rouge, certains d’entre eux avaient prévu d’interpeller le Conseil d’Etat. Ils souhaitaient remettre aux ministres une pomme gravée du slogan explosif: «THT-TNT».

Sans succès: Frédéric Favre, Christophe Darbellay et Roberto Schmidt sont entrés dans le bâtiment du Parlement par la porte de derrière. «On a du travail. La séance commence», a répondu Christophe Darbellay, en aparté et manifestement agacé. Le Conseil d’Etat ne soutient pas l’initiative parlementaire débattue vendredi après-midi.