Les sujets polémiques sur la chasse reportés au Grand Conseil

Des sujets sensibles sur la chasse, prévus pour la session de septembre, ont été remis à plus tard par le bureau du Grand Conseil. Les Verts pointent du doigt une manœuvre politique avec le vote de la nouvelle loi sur la chasse en point de mire.

21 août 2020, 17:00
La chasse au trophée de bouquetins a défrayé la chronique, il y a plusieurs mois. Mais le sujet ne sera peut-être pas sur la table du Grand Conseil avant octobre.

Des sujets embarrassants reportés. Le règlement du Grand Conseil bafoué. Les Verts ne mâchent pas leurs mots. Dans un communiqué diffusé jeudi, ils dénoncent une manoeuvre politique avec en point de mire la votation sur la chasse du 27 septembre. En effet, plusieurs objets qui figuraient sur le plan provisoire de la session du Grand Conseil (prévue début septembre) ont disparu du plan définitif.

Tous sont en lien avec le département qui abrite le Service de la chasse. Parmi ces objets, «trois interpellations et une motion portant soit sur l’affaire d’un garde-chasse maintenu malgré plusieurs instructions pénales, soit sur la chasse au trophée de bouquetin», écrivent les Verts.

Les règles respectées?

Pour Céline Dessimoz, rien ne justifie ce report si ce n’est peut-être la volonté d’éviter ces sujets sensibles. «C’est inadmissible, on s’assoit sur le règlement du Grand Conseil», appuie la cheffe du groupe des Verts au Parlement. Ce règlement indique notamment qu’une motion doit être portée devant le plénum au plus tard dans les six mois qui suivent son dépôt. Celle concernant le garde-chasse date de novembre 2019.

Mais le bureau du Grand Conseil qui définit le contenu de chaque session en a décidé autrement. Son président Olivier Turin confirme. «Cela résulte d’une discussion au bureau; je ne peux pas en parler en raison du secret de fonction. L’ordre du jour était déjà très ou trop copieux.» Mais, selon lui, les règles institutionnelles ont été totalement respectées.

Stratégie politique ou simple retard

Egalement membre du bureau et coordinateur du comité valaisan du oui à la loi sur la chasse, Grégory Logean n’en dit pas plus sur le contenu des discussions. Il se contente de rappeler que la crise du Covid a généré des retards. «La session extraordinaire d’octobre a été mise sur pied pour ces rattrapages.»

Emmanuel Amoos, chef du groupe Alliance de gauche au Grand Conseil et membre du bureau, concède ce point. Il relève cependant que si ces éléments figuraient au programme provisoire, c’est que le Conseil d’Etat avait préparé les réponses. «Cette façon délibérée de s’asseoir sur le règlement pour une question de stratégie politique me déplaît fortement.» La session de septembre promet et le débat sur la chasse pourrait trouver le moyen de s’y inviter.