Le «cri de révolte» de Franz Weber au Conseil fédéral

L'écologiste Franz Weber s'est adressé au Conseil fédéral pour lui demander son aide dans l'application de l'initiative sur les résidences secondaires.

21 nov. 2012, 17:22
Depuis le 11 mars dernier, 81 projets de nouveaux chalets ont été soumis à l'enquête publique.

Débouté par les tribunaux dans les multiples recours déposés par sa fondation Helvetia Nostra contre des permis de construire, Franz Weber est furieux. Il a lancé mercredi un «appel pressant» au Conseil fédéral pour que l’initiative sur les résidences secondaires soit appliquée de la manière dont lui l’interprète.

Avec la verve qu’on lui connaît, il écrit: «Je lance un pressant appel au Conseil fédéral et à tous mes compatriotes: écoutez mon cri de révolte! Il y va des derniers paysages, des dernières localités encore à peu près intacts de la Suisse!»

1'150 oppositions en Valais

«Depuis le 11 mars 2012 (jour de l’acceptation de l’initiative), nous avons dû, en raison de la complaisance des autorités vis-à-vis des promoteurs, rédiger et déposer en un travail acharné de jour et de nuit, bien plus de mille oppositions et recours contre des permis de construire illégaux (Valais 1'150; Grisons 120; Berne 85;  Vaud 80, etc.). Et nous avons dû avancer déjà plus de deux cent milles francs en frais de justice...», écrit le bouillant écologiste montreusien.

Weber a été débouté

Ce que Franz Weber ne précise pas, c’est que les permis de construire qu’il évoque dans sa missive n’ont pas été jugés illégaux par les autorités judiciaires qui se sont prononcées jusqu’ici. Au contraire, ce sont les oppositions formulées par la fondation Helvetia Nostra contre ces projets qui ont été rejetées par les tribunaux cantonaux grisons et valaisans.

Dans un arrêt rendu le 23 octobre dernier, la Cour de droit public du Tribunal cantonal valaisan a même nié à Helvetia Nostra le droit de faire recours dans ces dossiers, estimant que la modification de la Constitution résultant de l’initiative Weber n’est pas entrée en force en raison du droit transitoire contenu dans l’initiative Weber elle-même.

L’appel de Franz Weber tombe au moment où une procédure est lancée contre l’avocat de la Fondation Helvetia Nostra, Me Pierre Chiffelle, qui a fait recours au nom de voisins sans avoir reçu mandat de ces derniers.