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L’«Aquarius», bateau ivre d’Europe. La chronique de Viviane Cretton

28 sept. 2018, 10:00
Viviane Cretton, anthropologue.

«Ô que ma quille éclate! Ô que j’aille à la mer!» A la fin de l’été 1871, Arthur Rimbaud écrivait «Le bateau ivre», ce poème devenu célèbre qui raconte à la première personne un bateau sans maître, chahuté par les flots, qui finit par couler: «Je ne puis plus, baigné de vos langueurs (…) Ni traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes, ni nager sous les yeux horribles des pontons.»

A la fin de l’été 2018, ces vers résonnent tragiquement avec le sort du navire humanitaire «Aquarius», de nouveau refusé de pavillon et d’ancrage par les grands de ce monde. Dernier bastion d’humanité dans une Europe en totale déliquescence face à «la crise migratoire», l’«Aquarius» – affrété depuis 2016 par l’association SOS Méditerranée pour sauver des vies en mer – a secouru 29 000 personnes entre février 2016 et l’été 2018. Pourtant, malgré la guerre illimitée en Syrie et les...

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