Kilian Jornet s'élance vers l'Everest

Après avoir réussi des allers-retours éclairs au Mont-Blanc, au Cervin, au Denali (anciennement McKinley), à l'Aconcagua, l'alpiniste et multiple champion de trail et de ski-alpinisme Kilian Jornet part samedi vers un défi autrement plus grand, l'Everest. Retour sur un parcours vertigineux.

04 août 2016, 14:40
A 29 ans, Kilian Jornet se lance vers son plus grand défi.

Kilian Jornet change de dimension et rêve d’Everest. Ce samedi, l’icône mondiale de la course en montagne s’envolera vers le Tibet et tentera d’établir un aller-retour éclair vers le Toit du Monde, par son versant nord, le plus difficile.  Le multiple champion de trail et de ski-alpinisme empruntera une voie peu fréquentée en pleine période de mousson, afin d’éviter la foule. Une voie qui pourrait être la même, à la même période, qu'une certaine cordée Erhard Lorétan - Jean Troillet, il y a 30 ans. 

Après avoir remporté les plus emblématiques courses de longue distance de la planète, avoir battu des records d’ascension et de descente sur le Mont Blanc, CervinDenali et AconcaguaKilian Jornet se lance dans son plus grand défi. Retour sur quelques performances ahurissantes.

D'abord, il y a eu le Mont-Blanc. En traversée depuis l'Italie, en aller-retour record depuis l'église de Chamonix en 2013 ou encore, plus récemment, deux fois dans la même journée depuis la France puis depuis l'Italie.

 
 

 

La même année, Kilian Jornet avait réussi l'hallucinante performance d'un aller-retour au Cervin par la voie italienne en 2 heures et 52 minutes. On se souvient des images vertigineuses de la descente.

Une année plus tard, le Catalan changeait encore de dimension en réalisant à ski l'aller-retour au sommet du Denali, plus haute montagne d'Amérique du Nord avec ses 6200 mètres en moins de douze heures.

A la fin de l'année 2014, Kilian Jornet s'est encore élevé d'un niveau en battant cette fois le record d'aller-retour à l'Aconcagua - lequel a depuis été battu par le Suisse-Equatorien Karl Egloff. A 6962 mètres, pas acclimaté de la meilleure des manières, le Catalan avait souffert de l'altitude sur le sommet argentin, plus haut d'Amérique du Sud. Parti comme à son habitude du dernier endroit habité, il avait avalé les 60 kilomètres et 4000 mètres de montée en moins de 13 heures.

 

Pour se préparer à l'Everest, Kilian Jornet passe en ce moment plusieurs jours en altitude dans le massif du Mont-Blanc, au-dessus de 4000 mètres, pour être acclimaté idéalement en arrivant sur les hauts plateaux tibétains, à plus de 5000 mètres. Et le champion ne chôme pas, en témoigne ce dernier entraînement. Voyez plutôt, l'homme a d'abord gravi la voie des trois monts qui mène au Mont-Blanc puis est redescendu jusqu'au refuge de Goûter, a fait un crochet par le Piton des Italiens, est remonté au Mont-Blanc, avant de redescendre vers le refuge des Cosmiques, soit en un peu plus de neuf heures les deux ascensions classiques du Mont-Blanc.

 

L'équipe de quatre personnes entend passer huit semaines dans l'Himalaya pour tenter une éventuelle ascension. Si une ouverture est possible, Kilian Jornet partira du dernier endroit habité, le monastère de Rongbuk, à 5000 mètres d'altitude et à plus de 30 kilomètres du camp de base avancé, au pied de la face monumentale de l'Everest et de son sommet culminant à 8848 mètres.

 

Dans nos éditions papier et numériques de ce vendredi 5 août, Jean Troillet livre son regard sur le défi de Kilian Jornet.