Des voix royales au Zermatt Unplugged

Le dixième anniversaire du festival aura été marqué par les voix d'exception. Une édition 2017 radieuse sur tous les plans, fréquentée par près de 30 000 personnes.

09 avr. 2017, 20:14
Une édition 2017 absolument radieuse pour les dix ans du Zermatt Unplugged

Pourquoi la musique, dans sa version acoustique comme elle est présentée au Zermatt Unplugged, possède-t-elle cette capacité à transcender les frontières, les barrières culturelles et à s’adresser directement aux émotions de l’auditeur? Certainement parce que dans la sobriété orchestrale, l’instrument le plus fondamental, celui de la voix a toute liberté pour développer ses infinies nuances. 

Force, subtilité, expressivité
Après un dixième anniversaire de rêve gratifié d’une météo absolument radieuse de la première à la dernière note jouée par l’impressionnant chanteur et pianiste de jazz suisse Raphael Jost lors du traditionnel brunch de fin de festival, c’est l’impression qui prédomine. Les chanteurs et chanteuses d’exception ont marqué le jubilé par la force, la subtilité ou l’expressivité de leur timbre.
Côté chiffres, le Zermatt Unplugged a enregistré une fréquentation relativement stable par rapport aux éditions précédentes, soit 30 000 personnes.

Il faut dire que le site est aux limites de sa capacité d’accueil. Les hôtels affichent d’ailleurs complet durant la manifestation, les organisateurs réservant à eux seuls près de 2000 nuitées pour les musiciens, collaborateurs et partenaires du festival. Ils estiment encore que, alors que le budget du Zermatt Unplugged se monte à près de 4 millions de francs et que la destination y participe pour un petit dixième, les retombées directes dans la station frôlent le million.

Satisfaction sur toute la ligne donc, avec en bonus des nouveautés qui ont séduit le public, comme le Taste Village, véritable cœur palpitant, gastronomique et musical, du festival. 

Trois voix coups de coeur

Paolo Nutini, le monarque soul. Il était dans tous les esprits, dans toutes les discussions. Le chanteur écossais Paolo Nutini, jadis adoubé par Claude Nobs, les Rolling Stones eux-mêmes et toutes les plus grandes figures de la musique contemporaine, a eu plusieurs fois l’occasion de faire chavirer les cœurs zermattois. Lors d’une jam session d’anthologie au Mont Cervin dans la nuit de mercredi à jeudi. Puis avec son renversant concert de vendredi soir sous un chapiteau plein à craquer.Et encore une fois la même nuit pour une nouvelle jam. Inépuisable. 

 


LP, stature frêle, puissance monstre. L’Américaine LP, Laura Pergolizzi à la ville, a surgi dans le paysage musical mondial comme un ouragan après des années passées dans l’ombre de ceux pour qui elle écrivait. A Zermatt, comme ce sera le cas à Montreux cet été, les rues bruissaient énormément de ces initiales qui rendent implicitement hommage à l’ère du vinyle. Généreuse en interview comme lors de son concert de l’Alex mercredi dernier, elle a encore gratifié les quelques privilégiés prévenus d’une apparition à la fameuse jam session du Mont Cervin. 

 


Villagers, la caresse et le frisson. Beaucoup, beaucoup moins tapageur, l’irlandais Villagers (ci-dessous dans une autre session live acoustique), de son vrai nom Conor O’Brien a offert au Zermatt Unplugged l’un de ses plus troublants moments de musique. C’était jeudi soir, pour une Sunnegga Session, l’un de ces repas-concerts privilégiés, totalement intimistes en altitude. Seul à la guitare ou au piano, il a maintenu la centaine d’auditeurs en suspension sur le fil fragile de sa voix, à la limite de la brisure, émotions à fleur de cordes vocales. Un concert aux allures de retraite méditative. 

 

par Jean-François Albelda