Mercure dans le Haut-Valais: la perte de valeur des terrains inquiète plus que la santé

A l'annonce des derniers résultats des investigations menées entre Viège et Niedergesteln sur la pollution au mercure, les habitants s'inquiètent plus pour la baisse de la valeur des terrains que pour les incidences sur leur santé.

17 févr. 2015, 18:13
Les terrains de Norbert Salzgeber font partie des zones polluées. Certains endroits sondés à moins de 20cm ont affiché 0,5 mg.D'autres, sondés entre 20 et 40 cm, révèlent des taux beaucoup plus élevés: entre 1,7 et 2,5 mg. Tout le terrain devra être assaini.

Un Conseiller d’Etat, deux chefs de service, quatre experts, deux représentants de la Lonza… L’Etat du Valais n’avait pas lésiné sur les moyens lundi soir pour informer la population haut-valaisanne des nouveaux résultats des investigations menées entre Viège et Niedergesteln sur la pollution au mercure. Les 600 places du théâtre de la Poste, à Viège, était presque toutes occupées. Après avoir écouté dans un silence religieux les différents intervenants, le public pose, d’abord timidement, ses questions.

Etonnament, la plupart d’entre elles soulèvent des problèmes d’argent avant d’évoquer la répercution de cette pollution sur la santé. Elles concernent surtout la répartition des frais d’assainissement des parcelles polluées et plus particulièrement celles sur lesquelles la concentration de mercure se situe entre 0,5 et 2 mg par kilo, considérée comme polluées et devant être inscrites au cadastre comme telles mais dont aucune mesure obligatoire n’est envisagée pour les dépolluer.

Inquiétudes pécuniaires

"Il y a une zone grise entre 0,5 et 2 mg, si le terrain est construit on n’est pas obligé d’intervenir par contre, tout à côté, un terrain à bâtir comportant la même pollution va être inscrit au cadastre comme zone polluée et doit être nettoyé avant d’entammer une éventuelle construction… Les prix vont chuter!", s’inquiètent plusieurs propriétaires.

Thomas Burgener, coprésident du groupe intérêt Mercure, revient sur la responsabilité de la Lonza concernant les parcelles entre 0,5 et 2 mg, demandant que l’Etat, les communes et la Confédération se penchent à fond sur ce problème.

Questions légitimes

Les questions suivent, plus pratiques et personnelles. "J’ai un terrain pollué, dont une partie est goudronnée. Vais-je devoir arracher l’asphalte des places de parc pour dépoluer le sol en dessous?" "Les arbres sont-ils condamnés?" "Pourquoi lancer une étude sur la santé des enfants et non pas sur nous, qui avons été au contact du mercure depuis tant d’années? J’ai 60 ans, c’est foutu pour moi, je ne vous intéresse plus? Vous pensez que pour nous, il n’y a plus rien à faire?" "Existe-t-il un moyen de drainer le mercure hors du corps?"

Un homme de plus de 80 ans se lève: "Je mange des légumes cultivés sur ces terres depuis des années et je m’en porte bien. Il ne faut pas exagérer avec cette histoire de pollution!"

D'autres, directement concernés par des résultats plus sévères, sont nettement plus affectés.

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